
Aucune nourriture n’est rentrée dans Gaza depuis le ramadan, plus de 60 jours. Les stocks sont vides, les habitants deviennent squeletiques. Et les bombardements continuent. En même temps, le nettoyage ethnique s’empire en Cisjordanie. Jerusalem est assiégée. Les frappes continuent au Yemen et au Liban, parfois avec le soutient de pays européens. La nakbah continue jusqu’à aujourd’hui, un projet de colonialisme collectif, et les accusations d’antisémitisme empêchent d’en voir la dimension americaine, européenne. A Gaza, le projet sioniste de nettoyage ethnique de 80 ans se mue en génocide. La lutte contre l’internationale fasciste commence en Palestine.
Il semble y avoir une absolution totale des états contre le droit. Le crime de guerre disparait derrière le terrorisme. Est-ce que le crime de guerre, l’utilisation des moyens de l’état contre la population, est si contradictoire qu’il n’est plus envisagé ? Un plus grand pouvoir n’entraine-t-il pas une plus grande responsabilité ? Est-ce normal qu’une armée soit structurée autour des doctrines Dahyeh et Hannibal, qui donneront l’architecture du génocide ? “Tout ce procès m’est apparu comme quelque chose qui n’a rien à voir avec une quelconque question confessionnelle (juive, chrétienne ou musulmane) mais tout à voir avec les Etats. En l’occurrence, l’Etat d’Israël (via l’OJE) et l’Etat français (via le parquet). Cette alliance dans la salle d’audience entre 2 Etats, contre tout une masse de « dangereux musulmans ». C’était un moment de violence bureaucratique en soutien des guerres coloniales. Il s’agit d’un front peuples/Etats.” (Baptiste Lanaspeze sur le procès de François Burgat) Voilà peut être pourquoi aucun procureur ne s’est saisi d’aucune apologie de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. Nous sommes pour eux une masse dangereuse. Des musulmans. Des terroristes. Ils sont l’état, des fonctionnaires qui obéissent aux ordres. Aux ordres de qui ?
L’Islamophobie est le fer de lance du fascisme et de la repression, il n’y a pas de salut sans combattre son hégémonie sur toute la politique française. 30% de la classe ouvrière est issue de l’immigration. Nous sommes tous visés derrière ce racisme colonial. On entend plus parler d’arrestations d’Imams que des nombreux criminels qui ont attaqué des mosquées ces dernières années. Ou des aggressieurs racistes, ou des appels aux meurtres de députés, ou des appels à la violence qui deviennent une constance. La justice ne fonctionne pas. Jusqu’à ce qu’on arrive au meurtre prévisible d’un fidèle dans une mosquée. Aboubakar Cissé est assassiné en expliquant la prière à son assassin. Allah yrahmhu. “ton Dieu de merde”, “je vais attaquer une mosquée”, “il est noir” : toute l’idéologie nauséabonde deversée par les égouts de Bolloré se retrouve dans les mots de l’assassin. C’est toute une société malade que l’on retrouve derrière son couteau, derrière les bombes américaines.
Le régime en France, lui, continue sa mue fasciste, avec les dissolutions annoncées d’urgence palestine, marquant son soutient innébranlable au génocide palestinien, ainsi que de la jeune garde. Marquant son assiduité dans le racisme et la repression, par une campagne d’attaques judiciaires avec des peines lourdes, appuyée sur l’accusation d’apologie du terrorisme. Comme le dit Marc Trévidic “Aujourd’hui, on voit la volonté de criminaliser les mouvements d’ultragauche. (…) Là, on est à la frontière entre l’opinion politique et l’apologie.” Jusqu’à ce que toute opposition politique soit qualifiée de terrorisme, comme dans les heures les plus sombres du continent européen.
Le gouvernement actuel est le résultat d’un double mouvement : la fascisation de la macronie et l’entrée du RN à l’assemblée. Renforcé par la propriété privée des médias par des milliardaires qui soutiennent par leurs chiens de gardes le génocide et le racisme. A eux deux, la macronie et le RN tiennent les deux tiers de l’assemblée, et menent une politique islamophobe, raciste, autoritaire et antisociale. D’un côté ils accentuent la politique raciste et coloniale et la gestion policière de la jeunesse des quartiers, de l’autre ils détruisent l’économie du pays, les salaires, l’hopital. Qui dira stop ?
Depuis plus d’un an, le pavé est tenu par la cause palestinienne et la lutte pour la régularisation des sans papiers. Qui sont de fait l’avant garde de la resistance. Certains ont théorisé que seule la lutte des classes fera disparaitre le racisme. Où sont ils ? Pendant que les salons parisiens se demandent quels éléments de language permettront d’esquiver les exigences de l’époque, le homard boue. Il n’y aura aucune victoire aux elections s’il n’y a pas de mouvement social pour la porter. Si nous ne relevons pas la tête. Si nous n’empechons pas la dissolution de nos organisations. Si nous n’arretons pas la criminalisation de nos frères. Les éléctions ne sont pas un deux ex machina, elles ne sont que le cliché d’une société à un instant t. Seule une lutte acharnée contre le fascisme pourra ouvrir l’avenir. Les barbecues ne suffisent pas, défier c’est donner espoir. Soyons donc cet espoir pour l’humanité.
Nous appelons tout le mouvement social à la solidarité avec nos camarades d’Urgence Palestine et de la jeune garde. A soutenir tous les accusés. A mobiliser le plus largement possible pour soutenir les notres. Ceux qui sont tuès. Ceux qui sont attaqués devant les tribunaux. Les deux listes sont trop longues pour êtres énumérées ici. Et de rassembler tout ce qui peut encore être sauvé pour la marche contre l’islamophobie le 11. Et pour la Palestine le 17. Derrière les organisations indigènes, décoloniales, antiracistes. Parceque depuis un an, la Palestine et la marche des solidarités sont l’avant garde de la resistance. En conséquence, nous demandons l’abrogation des lois racistes, la régularisation de tous les sans papiers, l’annulation des dissolutions contre Urgence Palestine et La Jeune Garde, et l’arret total du commerce, en particulier des armes, avec l’apartheid.