Qui fût Abraham qui sorti de Babylone vers -1800 ?

La vidéo suivante est interessante pour situer le texte biblique dans l’histoire. En particulier la reflexion de l’appropriation du monde par le travail humain.


Cette vidéo montre le lien du récit de la Génèse avec les textes babyloniens. Cependant elle s’interesse en fait plutôt au texte babylonien sous jacent, qu’elle retrouve, qu’au texte biblique lui même. S’arretant aux points de ressemblance, la critique oublie d’aborder les points de divergence. Il conviendra en conséquence de repenser les liens entre les deux textes.

Or la Génèse raconte également l’histoire d’Abraham et sa relation conflictuelle avec cette civilisation. Ce rapport donne un premier indice sur la relation du texte biblique avec les textes babyloniens.

La malédiction du travail de la terre faite dans le livre de la génèse doit être interprétée, elle ne peut être une simple référence.

Cette reflexion de Jacques Ellul pourrait servir d’introduction à nos réflexions :

Si l’on considère la relation conflictuelle des relations d’Abraham avec son peuple racontée dans les textes bibliques et coraniques (voire l’analyse du texte coranique, Abraham et les idoles), il est logique de penser que la relecture des textes babyloniens par la Bible sera une lecture critique. Le nom de la ville elle même figure toujours dans la Bible un problème.

De plus le monothéisme ne semble pas le produit d’une civilisation agricole. Le conflit fondateur entre Abel le nomade et Cain le sédentaire, ainsi que la remise en cause des dieux des cités pointent au contraire vers une idéologie nomade en conflit avec les pouvoirs religieux et politiques des villes. Le livre “Sans feu ni lieu” de Jacques Ellul est une bonne argumentation dans ce sens à partir du texte biblique.

Abraham est un personnage qui part de la région de Babylone. Et qui apporte avec lui une relecture critique de mythes sumériens (leur cosmogonie relue par la Génèse, le mythe de Noé, …) datant de la troisième dynastie d’Ur (vers 2100 avant notre ère, faisant référence à des personnes ayant possiblement vers -2600), et dont la première version connue date de tablettes en akkadiens écrites vers -1800.

Abraham selon le calendrier hébraïque serait né en -1813. Un historien chrétien unitarien (témoins de Jehovah) français, Gerard Gertoux, propose une recherche sur le contexte historique d’Abraham, appuyée par des recherches sur le roi d’Elam, Kudur-Lagamar, mentionné dans la Bible. Ses recherches permettent de donner une date approximative pour l’époque d’Abraham, et de le situer dans un contexte historique, parti d’Iraq à l’époque de Shulgi, roi de Ur en Chaldée, et arrivé en Egypte à l’époque de Amenemhat I pendant le moyen empire égyptien.

L’épitre aux hébreux propose une relecture de l’histoire d’Abraham, qui s’inscrit assez bien dans la dialectique d’une lecture nomade de la ville. Sans lui attribuer l’origine du monothéisme, ce que le Coran semble faire, elle inscrit bien Abraham dans ce qu’Ernst Bloch appelait “ce non-encore qui est la véritable patrie de l’humanité”.

8 Par la foi, Abraham, étant appelé, obéit, pour aller au pays qu’il devait recevoir en héritage, et partit, ne sachant où il allait. 9 Par la foi, il demeura dans la terre qui lui avait été promise, comme dans une terre étrangère, habitant sous des tentes, avec Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse. 10 Car il attendait la cité qui a des fondements, dont Dieu est l’architecte et le fondateur. 11 Par la foi aussi, Sara reçut la vertu de concevoir et, malgré son âge, elle enfanta, parce qu’elle crut à la fidélité de celui qui avait fait la promesse. 12 C’est pourquoi d’un seul homme, et qui était déjà affaibli, il est né une multitude aussi nombreuse que les étoiles du ciel, et que le sable du bord de la mer, qui ne se peut compter. 13 Tous ceux-là sont morts dans la foi, sans avoir reçu les choses promises, mais les ayant vues de loin, crues, et embrassées, et ayant fait profession d’être étrangers et voyageurs sur la terre. 14 Car ceux qui parlent ainsi, montrent clairement qu’ils cherchent une patrie. 15 En effet, s’ils se fussent souvenus de celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner; 16 Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c’est-à-dire une céleste; c’est pourquoi Dieu ne dédaigne pas d’être appelé leur Dieu; car il leur a préparé une cité.

Epitre aux hébreux, chapitre 11.

On voit aussi une possibilié de situer Abraham dans la culture mésopotamienne, dans un peuple araméen, qui vit sur les marges de ses cités, autour d’Harran.

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