Vers une philsophie de l’autodetermination

approche anthropologique du monothéisme

“Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu : il partit vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait. Grâce à la foi, il vint séjourner en immigré dans la Terre promise, comme en terre étrangère : il vivait sous la tente.”

Le but ici est de décrire en terme philosophique moderne les implications du monothisme et de l’Islam en particulier dans l’histoire humain, l’anthropologie, de façon collective et individuelle. A partir de l’étude de l’histoire du monothéisme, et de l’analyse des textes qu’elle a produit, quels sont les conséquences sur la pensée et la pratique humaine, quels sont les parti pris idéologiques, les conséquences pratiques de son ethique.

Un des éléments importants de l’Islam et du processus d’hominisation c’est de voir comment l’humanité en progressant augmente la possibilité de choix et de conscience, pour s’affranchir progressivement de ses determinismes. sociaux, économiques, culturels, mais aussi surement biologique. Bien évidemment chaque personne représente une incarnation particulière de l’experience humaine, avec ses propres enjeux. Mais l’individu lui même mobilise les enjeux et les moyens d’une générécité humaine qui s’exprime à travers lui.

Pour articuler les interactions entre les différentes échelles, de temps, ou sociales, il faut réunir des travaux qui contiennent une telle interaction et susceptibles de produire une cohérence.

1. René Girard et le processus d’hominisation.

La formation de la culture est générée par la necessité de réguler les conflits violents issus du mimétisme. Elle produit d’abord le tabou, le mythe, les monuments, comme résolution temporaire des conflits, qui pratiquent la violence et son occultation.

De la culture émergence d’une possibilité nouvelle : les médiations externes (cad partageables), la loi et l’histoire. Passage du sacrifice humain au sacrifice animal, puis la misericorde plutot que le sacrifice. Conscience de la violence générée par l’envie. Ethique et pardon. Génération de la conscience. Possibilité d’un fonctionnement collectif nouveau fondé sur une ethique individuelle. Possibilité d’un renouvellement de la loi par la conscience. Dépassement.

2. L’enjeu des fonctions biologiques cérébrales

L’ethique est élaborée sur une accumulation de l’experience humaine, à travers la culture. c’est un savoir pratique et collectif de l’humain. Dont l’élaboration un savoir anthropologique et un choix. Dans cette partie, emminément prospective sur le fonctionnement du cerveau à l’echelle individuelle, se pose la question de comment ce choix collectif peut interagir avec notre fonctionnement biologique. Y-a-t-il dans l’ethique une orientation souhaitée qui se confronterait à celui ci, à nos determinations biologiques.

Les neuronnes miroirs montrent que le mimetisme est un apprentissage inné, présent dans notre représentation du monde au niveau biologique. Le monothéisme comme un choix pratique qui oriente notre biologie vers un fonctionnement adequat. Prolongement du processus d’hominisation. L’évolution historique ancrée dans une poursuite individuelle et collective, orientée par l’ethique.

Le striatum, un organe de notre cerveau régit notre comportement en liaison avec le circuit de la récompense, et des addictions. L’application du monothéisme, de l’ethique en général, montre que l’on peut agir d’une manière consciente et effectuer des choix qui dépassent, entrent en conflit avec des désirs dont les conséquences deviennent connues. Ainsi l’apprentissage et les réflexions collectives peuvent jouer pour réorienter nos objectifs et peut etre rechercher des récompenses vers des finalités supérieures.

3. Le monothéisme comme changement culturel

La culture, déjà présente dans le monde animal, vue comme une adaptation de la vie à son milieu. Habitudes alimentaires. Organsiation sociale adéquate. Transmission du savoir faire, des techniques. La culture évolue lentement mais plus rapidement que le materiel génétique. Elle peut se présenter comme le chainon manquant de l’évolution, et expliquer au niveau collectif la transmission des caractères acquis, qui ne trouve aucun appui au niveau de la génétique.

La culture représente l’héritage acquis. En conflit avec l’adaptation à des situations changeantes, et en renouvellement continue : conflit avec les résultats negatifs de l’application de la culture pour la faire évoluer. Elle garde une mémoire du passé de l’homme, des reflexions et des solutions passées.

Le vécu individuel, et les situations collectives nouvelles vont générer des frictions dans l’organisation existantes. En particulier le vécu de la souffrance et l’injustice vont révéler l’inadéquation de la culture et de l’organisation sociale aux besoins concrets de l’humanité. Et ainsi révéler de nouvelles failles de la culture et des nécessités de changement. Cette compréhension accrue va se voir opposer la resistance de l’organisation sociale telle qu’elle est, et des groupes qui en vivent de façon satisfaisante. Le lieu de tension entre ceux qui décident, pensent selon l’ancienne structure, et ceux qui vivent et formulent la necessité du changement va mettre en branle des mécanismes d’autorprotection et de violence. MAlheur à celui par qui le scandale arrive. Cette ligne de tension est celle ou va s’exprimer la violence du conflit. Le monothéisme a toujours été formulé dans des situations de resistance à des empires et des cultures pre existantes. Hyksos, apirous, juifs, vandales, arabes, expriment l’idéologie d’une marge nomade, bédouine, en opposition au proche orient avec des cultures et des empires imposants.

4. L’Histoire, une dialectique entre le collectif et l’individu

Les mouvements à l’intérieur de la société impliquent des variables dont l’influence et la possibilité de changement s’exercent sur des échelles de temps très différentes. La génétique est processus le plus long. Nous sommes humains, détérminés par notre nature, squelette, cerveau. En même temps les situations nouvelles peuvent entrer en conflit avec l’état génétique, en même temps nous sommes une culture humaine produite par et pour notre nature. La culture est un processus intermédiaire, plus maléable, mais aussi un acquis historique stable. Ainsi les reflexions d’un E. Todd, qui va se focaliser sur cette héritage et masquer un peu les conflits aux niveau suivant. L’idéologie, produit de milieux humains particulier, reflète les enjeux d’une situation à une époque donnée, et le fonctionnement souhaité. Elle est le lieu des conflits entre la culture et les nouvelles situations. Ainsi Le Dieu caché de Lucien Goldmann montre les pensées de Pascal et le jansénisme comme l’expression d’une impossibilité d’évolution pour un groupe social à un moement donné.

Mais c’est au niveau de l’experience individuel que se jouent tous les rapports entre ces héritages reçus et les situations vécues. Chaque individu va exprimer dans ses actes et dans le collectifs les possibilités de solution, qui vont en retour influer sur l’ensemble. Ainsi il y a toujours un aller retour entre l’expression générique de l’humanité et son vécu, les particularités individuelles, qui vont à leur tour s’exprimer dans la pratique et modeler l’avenir collectif de l’humanité. Cet aller retour, le choix individuel s’exprime à l’interieur jusqu’à générer une conscience capable de mobiliser et d’intervenir dans les fonctions biologiques du cerveau.

Le retour du vécu, qui est vécu de manière individuel, va s’exprimer à son tour de façon collective. A chaque époque, des groupes vivent de manière semblables une situation similaire. S’exprime une généricité, qui est propre aux enjeux locaux de chaque groupe humain. Et qui est toujours conflictuelle avec une organisation sociale temporaire et les groupes qui en vivent. Ainsi la production et le renouvellement de l’ethique est une pensée et une révélation des problématiques culturelles et sociales, qui expriment la nécessité du changement et la poursuite du processus d’hominisation. C’est à dire une comprehension toujours accrue de soi même en tant qu’individu et humanité. Pour permettre de réaliser des valeurs supérieures, vérité, justice, liberté, égalité, entraide, dont les fondements sont l’expression du vécu social.


 

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