Abû Mûsâ al-Ash’arî (m. 44-52 H / 664-672 EC)

‘Abd Allâh b. Qays — de la tribu yéménite des Banû Ash’ar, branche des Qaḥṭān. Né au Yémen vers la fin du VIe siècle, mort vers 44-52 H / 664-672 EC à La Mecque, enterré à La Mecque.[1]

Grand récitant du Coran (qāriʾ), Compagnon de la première heure, gouverneur de Basra et de Kūfa sous ‘Umar et ‘Uthmān, figure-clé de la transmission coranique en Iraq. Sa lecture prédomina à Basra et fut en concurrence à Kūfa avec celle d’Ibn Mas’ūd. Il possédait sa propre recension (codex), le Lubāb al-Qulūb.[2]


1. Origines yéménites

Abû Mûsā appartenait aux Banū Ash’ar, tribu arabe qaḥṭānite du Yémen. Ibn Sa’d donne sa généalogie complète : عبد الله بن قيس بن سليم بن ضار بن حرب بن عامر بن عتر بن بكر بن عامر بن عذر بن وائل بن ناجية بن الجماهر بن الأشعر remontant à Qaḥṭān.[3] Le Yémen était leur territoire d’origine, dans la région de Ma’rib, Zabīd, Rima’ et les hautes terres yéménites.

Son père, Qays b. Sulaym (ou Qays b. Ḥudhayfa selon les variantes), était un notable ash’arite. Sa mère, Zabyah bint Wahb, embrassa l’islam à Médine et y mourut.

La tribu ash’ar était réputée pour sa connaissance des généalogies qaḥṭānites. Selon la tradition, les Ash’ar comptèrent parmi les premiers Yéménites à répondre à l’appel de Muhammad, par l’intermédiaire des émissaires envoyés au Yémen.


2. Conversion et double hégire

2.1 Conversion à La Mecque

Abû Mûsā embrassa l’islam à La Mecque dans la première période de la prédication (avant l’Hégire), retourna au Yémen dans sa tribu ash’ar, prêcha l’islam parmi eux, puis émigra à Médine avec un groupe de convertis. Wāqidī rejette fermement la tradition, selon lui, Abû Mūsā n’était pas un émigrant d’Abyssinie.[4]

2.2 Le retour au Yémen et la deuxième hégire

Abû Mūsā retourna au Yémen après sa conversion et prêcha l’islam dans sa tribu. Il rassembla plus de cinquante convertis des Ash’ar, dont deux de ses frères — Abū Rihm et Abū ‘Amr (ou Abū Burda) — et prit la mer pour rejoindre Médine.

Selon son propre récit : « J’embrassai l’islam à La Mecque puis retournai au Yémen. Une cinquantaine d’hommes avec moi prirent un bateau. J’étais là avec mes deux frères, Abū Rihm et Abū ‘Amir — j’étais le plus jeune des trois. Notre bateau dériva et nous échoua chez le Négus (Najāshī) en Abyssinie, où Ja’far et ses compagnons séjournaient. De là, nous voyageâmes ensemble vers Médine. »[5]

Lorsqu’ils arrivèrent à Khaybar (7 H / 628), la conquête de l’oasis était achevée. Muhammad leur donna une bonne nouvelle : « Vous aurez la récompense de deux hégires : l’une vers l’Abyssinie, l’autre vers Médine. » Et contre l’usage de ne pas donner de part aux non-combattants, le Prophète leur accorda une part du butin.[6]

L’arrivée des Ash’arites avec Abū Mūsā marqua l’intégration de la première vague yéménite dans la communauté médinoise. Caetani note cet épisode comme la « Venuta degli As’ariti » — un événement suffisamment marquant pour être daté précisément (Rabī’ I, 7 H).[7]


3. Avec le Prophète (628–632)

Abû Mūsā rejoignit Médine après Khaybar. Il fut présent lors de :

  • L’expédition de Dhāt al-Riqā’ (7 H / 628) — expédition contre les tribus de Ghatafān.
  • La conquête de La Mecque (8 H / 630) — il fut nommé parmi ceux envoyés par Muhammad à Awtās (expédition contre les Hawāzin).
  • La bataille de Ḥunayn (8 H / 630).
  • L’expédition de Tabūk (9 H / 630).

3.1 La bataille d’Awtās — la mort d’Abū ‘Āmir

À Awtās, le Prophète envoya Abū ‘Āmir al-Ash’arī (l’oncle d’Abū Mūsā) contre les Hawāzin. Abū ‘Āmir engagea un combat singulier et tua neuf hommes ; le dixième, Salamah b. Sumādir al-Khushmī (turban jaune), le blessa mortellement. Sur son lit de mort, il remit le drapeau à Abū Mūsā : « Prends le drapeau et mon épée, et va trouver le Prophète. » Abū Mūsā combattit jusqu’à la victoire, tua le meurtrier de son oncle, et rapporta l’épée et le cheval d’Abū ‘Āmir au Prophète, qui pria pour le martyr : « Ô Dieu, pardonne à Abū ‘Āmir et place-le parmi les élevés. » Abū Mūsā demanda alors : « Ô Prophète de Dieu, je sais que Dieu a pardonné Abū ‘Āmir — invoque Dieu pour moi. » Le Prophète pria pour lui : « Ô Dieu, pardonne à Abū Mūsā et place-le parmi les plus élevés de ma nation. »[8]

3.2 Une belle voix de psalmodie

Le Prophète avait une grande estime pour sa récitation du Coran. Il dit un jour en l’entendant lire : « Il a reçu une partie du mizmār de la famille de Dāwud » — la mélodie des psaumes de David. Ce hadith célèbre, transmis par Abū Burda ← Abū Mūsā, devint un topos de la piété vocale islamique.[9] Abū ‘Uthmān al-Nahdī, qui priait derrière lui, disait : « Sa voix était plus belle qu’un ṣanj (instrument à cordes) et qu’un mizmār. »[10]

Muhammad lui demanda un jour de réciter devant lui. Abū Mūsā commença ; le Prophète pleura et lui dit de s’arrêter.[11]

3.3 Gouverneur du Yémen sous le Prophète

Vers l’an 10 H (631 EC), Muhammad nomma Abû Mūsā gouverneur du Yémen, conjointement avec Mu’ādh b. Jabal — l’un pour les régions hautes (Mu’ādh à Janad/Zabīd), l’autre pour les basses terres. Abū Mūsā administra les provinces de Ma’rib, Zabīd, Rima’, ‘Adan et la côte.[12] Sa mission incluait l’enseignement du Coran, la perception de la ṣadaqa, et la propagation des lois de l’islam. Il y resta après la mort du Prophète (632), sous le califat d’Abū Bakr.


4. Les guerres de la Ridda au Yémen (632–633)

Après la mort de Muhammad, le Yémen fut secoué par la révolte d’al-Aswad al-‘Ansī, un prophète autoproclamé de la tribu de ‘Ans. al-Aswad s’empara de Ṣan’ā’ et occupa tout le Yémen. Shahr b. Bādhān, le gouverneur perse resté fidèle à Médine, combattit al-Aswad mais tomba martyr.[13]

Mu’ādh b. Jabal, encore à Ṣan’ā’, se replia vers Ma’rib auprès d’Abū Mūsā. Ensemble, ils se rendirent à Ḥaḍramawt pour organiser la contre-offensive. Abū Mūsā, basé à Ma’rib, vit ses terres envahies et dut évacuer précipitamment.[14] Les troupes d’Abū Bakr, sous le commandement de Khālid b. al-Walīd puis de ‘Ikrima et Muhājir b. Abī Umayya, écrasèrent les mouvements ridda yéménites. Abū Mūsā participa à la pacification du Yémen et y resta jusqu’à la fin des guerres d’apostasie.[15]


5. L’Iraq : Basra, la conquête et l’irrigation (638–650)

5.1 Fondation de Basra et premier gouvernorat

En 638 EC (17 H), ‘Umar b. al-Khaṭṭāb fonda Basra comme cité-garnison (miṣr) et nomma Abû Mūsā premier gouverneur. La première mission d’Abū Mūsā fut de se rendre à Basra pour enquêter sur al-Mughīra b. Shu’ba, accusé d’adultère par Abū Bakra et trois autres témoins. ‘Umar lui ordonna de ne pas défaire ses bagages avant d’avoir envoyé Mughīra et les témoins à Médine. Abū Mūsā suivit scrupuleusement ces instructions : il campa trois jours à al-Mirbad sans défaire ses selles, puis expédia Mughīra et les témoins à ‘Umar.[16]

‘Umar divisa Basra en cinq districts et confia à Abû Mūsā l’administration, la justice et le commandement militaire. Abû Mūsā entreprit des travaux d’irrigationmassifs : il creusa deux canaux majeurs reliant Basra au Tigre — le canal d’al-Ubulla et le canal Ma’qil — qui devinrent la base du développement agricole de toute la région de Basra et du Sawād. Des canaux secondaires furent également construits pour l’eau potable. Il construisit aussi la mosquée de Basra (la première en roseau, reconstruite plus tard en brique).[17]

‘Umar institua la politique de mise en valeur des terres incultes : quiconque les cultivait en devenait propriétaire. Cette politique favorisa l’essor agricole du Sawād.

Ziyād b. Abīhi, le futur gouverneur omeyyade d’Iraq, commença sa carrière comme secrétaire d’Abū Mūsā. Quand ‘Umar convoqua Ziyād et le trouva brillant, il dit : « C’est lui que Dieu élèvera de sa condition modeste. »[18]

5.2 Un grand récitant

Abū Mūsā fut l’un des grands récitants du Coran de la première génération. Sa récitation (qirā’a) prédomina à Basra et fut en concurrence directe à Kūfaavec celle d’Ibn Mas’ūd. Al-Aswad disait : « Il y avait deux hommes de savoir à Kūfa : ‘Alī et Abū Mūsā. »[42]

Sha’bī disait : « Le savoir peut être pris de six personnes : ‘Umar, ‘Alī, Ubayy, Ibn Mas’ūd, Zayd et Abū Mūsā. »[40] Ṣafwān b. Sulaym : « Du temps du Prophète, personne ne décidait en matière religieuse sauf ‘Umar, ‘Alī, Mu’ādh et Abū Mūsā. »[41] Selon Al-A’ẓamī, Abū Mūsā figure parmi les sept récitants les plus éminents aux côtés de ‘Uthmān, ‘Alī, Zayd, Ubayy, Abū ad-Dardā’ et Ibn Mas’ūd — liste canonique des qurrā’ de la première génération qui fixa la transmission orale du Coran avant la standardisation ‘Uthmānienne.[52] Al-A’ẓamī le mentionne aussi dans la liste des Compagnons envoyés enseigner le Coran dans les territoires conquis, aux côtés d’Ibn Mas’ūd, Abū Ayyūb, Abū Bakr, Zayd, Abū Hurayra et Ubayy.[53]

5.3 Le codex Lubāb al-Qulūb

Selon Arthur Jeffery, Abū Mūsā possédait une recension personnelle du Coran, appelée Lubāb al-Qulūb (la « Moelle des Cœurs »). Son codex utilisait une graphie particulière — notamment la forme « Ibrāham » au lieu de « Ibrāhīm » (forme plus biblique), que la rime de la sourate 21 forçait dans la vulgate ‘Uthmānienne. Le codex d’Abū Mūsā était similaire à celui d’Ubayy b. Ka’b et circulait à Basra. Jeffery suggère que la première édition du Coran à Basra était « défective » (sans signes de voyelles longues) et qu’elle reçut des sourates tardivement — notamment la sourate 21, intégrée seulement vers 680 EC.[43]

5.4 Enseignement à Basra

À Basra, Abū Mūsā divisait ses étudiants en groupes d’environ 300 pour l’enseignement du Coran. Il tournait dans la mosquée, récitant avec eux sourate après sourate. ‘Umar avait institué ce système de cercles coraniques dans les cités-garnisons : Ibn Mas’ūd à Kūfa, Mu’ādh et Ubāda en Syrie, Abū Mūsā à Basra. Ces structures furent le berceau des écoles de grammaire et de récitation de Basra et Kūfa.[45]

Al-A’ẓamī confirme et précise ce récit : Abū Mūsā séparait ses étudiants en groupes dans la mosquée de Basra, supervisant « près de trois cents » (nearly three hundred). Cette pratique s’inscrivait dans le système mis en place par ‘Umar, qui envoyait les Compagnons dans chaque cité-garnison pour y enseigner le Coran. D’après Al-A’ẓamī, ‘Umar affecta également trois Compagnons à Médine avec un salaire mensuel de quinze dirhams, et ordonna que le Coran soit enseigné par séries faciles de cinq versets.[54]

‘Umar lui-même, quand il voyait Abū Mūsā, lui disait : « Récite pour nous, Abū Mūsā » — et Abū Mūsā lisait devant le calife.[46]

5.5 Conquête du Khūzistān et de la Jazīra (639–650)

Abû Mūsā mena la conquête du Khūzistān (sud-ouest de l’Iran actuel) de 639 à 642. Ses campagnes incluent :

  • Tustar (Shushtar) en 642 — siège difficile où Abû Mūsā se distingua comme commandant militaire. Il traversa le fleuve à l’aube, assiégea la ville. Le dihqān al-Bīrwāz fut vaincu. La ville tomba après qu’un traître eut indiqué un passage souterrain. Les Perses capturés furent envoyés à Médine avec le Hurmuzān.[19]
  • Sūs (Suse) — prise après Tustar.
  • Jundaysābūr — soumission par traité.
  • Naṣībīn (Jazīra) — conquise en 19 H.[20]
  • al-Ruhā’ (Edesse) et Simsāṭ (Samosate) — également soumises par Abū Mūsā.[21]

‘Umar lui ordonna de soutenir ‘Uthmān b. Abī al-‘Ās qui combattait plus à l’est, depuis la base de Tawwaj (Fārs).

Sur le front d’Iṣbahān, Abū Mūsā avança avec l’armée mais dut refluer après l’arrivée des renforts perses sous le commandement de l’Isfandār.[22]

5.6 Correspondance administrative avec ‘Umar

‘Umar entretint une correspondance suivie avec Abû Mūsā sur les questions administratives et judiciaires. Ibn Sa’d et Ṭabarī conservent plusieurs lettres :

  • Lettre sur la justice : « Ne ferme pas ta porte aux gens, ne juge pas sans preuves, et ne laisse aucune affaire sans décision. » Abū Mūsā appliqua à la lettre : « Quand je vins chez lui, ma porte ne fut jamais fermée. »[23]
  • Lettre sur le tribut : ‘Umar imposa à Abū Mūsā de fixer les taxes sur les terres de Basra.[24]
  • Lettre sur le calendrier : ‘Umar consulta Abū Mūsā sur la fixation du début de l’ère islamique (tārīkh).[25]

Cette correspondance est un document fondateur de la jurisprudence islamique primitive, conservée par Ibn Qayyim al-Jawziyya et publiée par Muḥammad Ḥamīd Allāh dans al-Wathā’iq al-Siyāsiyya.[26]

5.7 Gouverneur de Kūfa (première nomination, ~650)

Vers 650 EC, ‘Uthmān transféra temporairement Abû Mūsā au gouvernorat de Kūfa en remplacement de ‘Ammār b. Yāsir, sur la pression des qurrā’ kūfans qui réclamaient un récitant comme gouverneur. Il n’y resta que peu de temps avant que ‘Uthmān ne le remplace par Sa’īd b. al-‘Āṣ, un Quraychite omeyyade.


6. Le conflit avec ‘Uthmān et la crise (653–656)

6.1 La crise de Kūfa et le retour d’Abū Mūsā

En 33 H / 653, le gouverneur Sa’īd b. al-‘Āṣ fit déporter douze qurrā’ à Damas (dont Mālik al-Ashtar), après une rixe dans le Sawād. Les qurrā’ kūfans, furieux, rédigèrent une lettre anonyme à ‘Uthmān, réclamant le retour des déportés. Devant le refus de Sa’īd, les Kūfans repoussèrent le gouverneur et proclamèrent Abū Mūsā al-Ash’arī comme gouverneur. Ce dernier accepta à condition que la ville reste obéissante à ‘Uthmān — un compromis entre les qurrā’ radicaux et le calife.[27]

Mālik al-Ashtar, revenu d’exil, envoya une lettre à ‘Uthmān proposant d’accepter la légitimité du gouvernement d’Abū Mūsā ou de Hudhayfa. ‘Uthmān accepta et confirma Abū Mūsā comme gouverneur de Kūfa.

Hinds analyse cette nomination comme un compromis entre les qurrā’ radicaux et le calife : Abū Mūsā n’accepta de prendre la direction de la prière (ṣalāt) qu’à la condition que l’on y formule l’obéissance à ‘Uthmān — condition qu’al-Ashtar et les déportés durent accepter. Le modus vivendi qui en résulta à Kūfa en 34/654-5 reposait sur une position médiane : le contrôle direct omeyyade était levé, mais une « apparence d’unité islamique » (a semblance of Islamic unity) était préservée.[56] Hinds souligne que des chefs de clans modérés, comme Jarīr b. ‘Abd Allāh al-Bajalī, ne quittèrent la ville qu’après qu’Abū Mūsā eut pris le contrôle, rassurés par la stabilité qu’il garantissait.

6.2 Le conflit des lectures

Les lectures concurrentes d’Ibn Mas’ūd et d’Abū Mūsā à Kūfa — récitées dans deux quartiers différents de la ville — furent l’une des causes de l’intervention de Ḥudhayfa b. al-Yamān, qui alerta ‘Uthmān : « Ô Commandeur des croyants, sauve cette nation avant qu’elle ne diverge sur le Livre ! » Ce cri déclencha la recension ‘Uthmānienne (652) et la standardisation du Coran.[44]

Abū Mūsā accepta la recension ‘Uthmānienne — contrairement à Ibn Mas’ūd — et remit son codex. Les qurrā’ de Basra suivirent docilement ; ceux de Kūfa résistèrent par la voix d’Ibn Mas’ūd.

Al-A’ẓamī relate un épisode concret de la mise en œuvre de la recension au domicile même d’Abū Mūsā. D’après le témoignage d’‘A’la’ b. Hakam al-Kilābī, ce dernier entra chez Abū Mūsā et le trouva en compagnie de Ḥudhayfa b. al-Yamān et ‘Abd Allāh b. Mas’ūd à l’étage. Ils étaient réunis autour d’un muṣḥafenvoyé par ‘Uthmān, avec ordre de corriger leurs propres copies pour les conformer à la sienne. Abū Mūsā leur dit : « Ce que vous trouverez dans mon muṣḥaf qui est en plus [par rapport à celui de ‘Uthmān], supprimez-le ; et ce que vous y trouverez qui manque, écrivez-le. »[55] Cet épisode montre qu’Abū Mūsā appliqua la recension sans résistance, ajustant même personnellement son codex, contrairement à la posture plus intransigeante d’Ibn Mas’ūd.

6.3 Position ambiguë face à l’opposition

Abū Mūsā tenta de maintenir la neutralité de Kūfa dans la montée des tensions contre ‘Uthmān. Il refusa de participer au blocus de Médine et prêcha la modération. Mais les qurrā’ les plus radicaux, menés par al-Ashtar, le dépassèrent et, après l’assassinat de ‘Uthmān (656), se rallièrent à ‘Alī.


7. La Fitna : ‘Alī, l’arbitrage et la fin

7.1 L’opposition à ‘Alī

Lorsque ‘Alī b. Abī Ṭālib arriva à Kūfa en 656 cherchant des soutiens contre Talḥa, al-Zubayr et ‘Ā’isha (bataille du Chameau), Abū Mūsā — alors gouverneur de Kūfa par nomination d’’Uthmān — exhorta les Kūfans à ne pas soutenir ‘Alī. Il justifia sa position par la nécessité d’éviter l’effusion de sang entre musulmans.[28]

Mais les Kūfans soutinrent massivement ‘Alī. Abū Mūsā se retrouva isolé. Mālik al-Ashtar fit prendre le palais du gouvernement et chassa Abū Mūsā de Kūfa — celui-ci partit pacifiquement, demandant un jour pour préparer son départ. ‘Alī le destitua de son gouvernorat et le remplaça par Qarẓa b. Ka’b al-Anṣārī.[29]

Ibn ‘Abbās accusa plus tard Abū Mūsā d’avoir refusé de lui donner le titre de commandeur des croyants et de l’avoir traité en simple égal. Abū Mūsā répondit : « L’émirat est ce pourquoi on donne des ordres ; la royauté est ce qui se conquiert. »[30] Al-Ḥasan b. ‘Alī défendit Abū Mūsā contre ses détracteurs : « Qui d’autre devait-il suivre, après l’assassinat de ‘Uthmān ? »[31]

7.2 L’arbitrage de Ṣiffīn (657) ⭐

Après la bataille de Ṣiffīn (657), face à la révolte des qurrā’ dans son propre camp, ‘Alī accepta l’arbitrage proposé par Mu’āwiya. Les qurrā’ kūfans insistèrent pour choisir l’arbitre : ils nommèrent Abū Mūsā — rejetant Mālik al-Ashtar et ‘Abd Allāh b. ‘Abbās proposés par ‘Alī, qu’ils jugeaient trop partisans. Abū Mūsā, qui s’était retiré dans le désert pour éviter la Fitna, fut rappelé contre son gré. En apprenant sa nomination, il dit : « Nous sommes à Dieu et à Lui nous retournons. »[32]

Abū Mūsā siégea face à ‘Amr b. al-‘Āṣ (arbitre de Mu’āwiya). L’arbitrage, tenu à Dūmat al-Jandal (ou Adhruḥ selon certaines sources), est l’épisode le plus controversé de sa carrière.

Première rencontre à Dūmat al-Jandal : 400 hommes de chaque camp. ‘Amr, rusé, traita Abū Mūsā avec déférence — le faisant passer devant lui à la prière et dans les discours. Il gagna sa confiance. ‘Amr proposa : « Que chacun de nous désinvestisse l’autre et mette l’affaire en shūrā. » Abū Mūsā accepta. Mais ‘Amr ajouta : « Si c’est moi qui te désinvestis, ou toi qui me désinvestis ? » Abū Mūsā refusa que ce soit ‘Amr qui le désinvestisse. Finalement, ‘Amr lui fit promettre de destituer les deux.[33]

Seconde rencontre à Adhruḥ : ‘Amr s’arrangea pour qu’Abū Mūsā parle le premier. Ibn ‘Abbās supplia Abū Mūsā : « Malheur à toi ! Il t’a dupé. Fais-le parler d’abord. » Mais Abū Mūsā, confiant, refusa : « Nous sommes d’accord, il n’y a pas de divergence entre nous. » Il monta à la tribune, proclama la destitution des deux, puis descendit. ‘Amr monta alors et déclara : « J’entérine la destitution d’’Alī, et je maintiens Mu’āwiya. »[34]

Abū Mūsā, trahi, s’écria : « Que voilà l’exemple de ‘Amr, comme le chien qui halète qu’on le charge ou qu’on le laisse ! » Il se retira à La Mecque, poursuivi par les malédictions d’Ibn ‘Abbās : « Que Dieu maudisse l’avis d’Abū Mūsā ! »[35] Les Khawārij, furieux de l’arbitrage, firent sécession.

Sa propre épitaphe politique : « J’aurais dû frapper ‘Amr de mon épée plutôt que de le frapper de mon fouet. »[36]

Évaluation historique : les sources sunnites blâment l’arbitrage comme une erreur politique de ‘Alī et une trahison de ‘Amr ; les sources shī’ites fustigent Abū Mūsā comme naïf ou traître. L’historiographie moderne (Madelung, Hinds) voit dans l’arbitrage une défaite stratégique pour ‘Alī et l’apogée de la crise. Hinds précise que les Kūfans, à l’exception des shī’a, insistèrent pour qu’Abū Mūsā — « le représentant de l’état de choses à Kūfa avant l’arrivée de ‘Alī » (the representative of the state of affairs at Kufa before ‘Ali’s arrival) — soit l’arbitre. Ce choix manifestait le refus des Kūfans de laisser ‘Alī nommer un partisan trop proche : ils voulaient que l’arbitre les représente, eux et leur modus vivendi antérieur à la Fitna.[57] Abū Mūsā apparaît ainsi comme un homme de compromis dépassé par les forces qu’il ne maîtrisait pas.

7.3 Visite à Mu’āwiya et fin de vie

Après l’arbitrage, Abū Mūsā se retira à La Mecque. Il se rendit plus tard chez Mu’āwiya à Damas. Refusant d’abord de le saluer comme calife — il dit simplement « Salut à toi, émir » — Mu’āwiya rit. Mais conseillé par Ibn Ḥaḍāḥ al-Ash’arī (« Le sultan rit comme un enfant et frappe comme un lion »), il finit par lui prêter allégeance. Mu’āwiya lui dit : « Par ma vie, je n’attendais que cela de toi. »[37]

7.4 Mort

Abū Mūsā mourut à La Mecque (selon la majorité des sources) ou à Kūfa (selon certaines). Les dates varient : 44 H / 664 EC (la plus fréquente), 50 H / 670 ECou 52 H / 672 EC. Il fut enterré à La Mecque.[38] Ziyād b. Abīhi, son ancien secrétaire devenu gouverneur d’Iraq, légua être enterré près d’Abū Mūsā à Kūfa, preuve de l’affection persistante que lui vouaient ses anciens subordonnés.[39]


8. Transmission du hadith

Abū Mūsā transmit 360 hadiths du Prophète.[47] Il était également reconnu pour sa connaissance des mots rares du hadith (gharīb al-ḥadīth) ; Wāqidī le cite comme source lexicographique dans son édition d’al-Maghāzī.[47bis] Parmi ceux qui rapportèrent de lui :

  • De sa génération : ‘Umar, ‘Alī, Ibn Mas’ūd.
  • De la génération suivante : Sa’īd b. al-Musayyib, al-Aswad b. Yazīd, Abū Wā’il, ‘Abd al-Raḥmān al-Sulamī, Rib’ī b. Ḥirāsh, Abū ‘Uthmān al-Nahdī, Anas b. Mālik, al-Ḥasan al-Baṣrī, ‘Alqama b. Qays.
  • Ses propres enfants : Abū Burda (son fils principal, transmetteur de nombreux hadiths de lui), sa femme Umm ‘Abdallāh.

Hadiths célèbres transmis par Abū Mūsā :

  • Le hadith du mizmār : « Il a reçu une partie de la mélodie de la famille de Dāwud »[9]
  • Le hadith des deux jardins (pour chaque croyant pieux)
  • Le hadith de la double hégire (le récit de sa propre conversion)[5]
  • Le hadith de l’intercession
  • Le hadith « Mettez Abū Bakr à la tête de la prière » (maladie du Prophète)[48]
  • Le hadith du prophète malade visité par Ibn Mas’ūd[49]

9. Sa descendance

Abū Mūsā épousa Umm Kulthūm bint al-Faḍl, qui avait été la femme d’al-Ḥasan b. ‘Alī. Elle lui donna Mūsā b. Abī Mūsā et deux autres enfants.[50]

Son principal héritier scientifique fut son fils Abū Burda b. Abī Mūsā al-Ash’arī, transmetteur de hadiths et juge à Kūfa. De nombreux récits sur Abū Mūsā ne nous sont connus que par la chaîne أبو بردة عن أبيه (Abū Burda ← son père).[51]

Une famille de savants ash’arites perpétua son nom à Basra et Kūfa, notamment les descendants de ‘Abd al-Raḥmān b. ‘Abd Allāh b. Qays al-Ash’arī et Ibn Ḍaḥāḍ al-Ash’arī, qui conseilla Abū Mūsā lors de sa visite à Mu’āwiya.


10. Héritage et évaluation historique

10.1 Le gouverneur bâtisseur

Abū Mūsā laisse l’image d’un administrateur compétent : il fonda Basra sur des bases solides, creusa des canaux (al-Ubulla, Ma’qil) qui nourrirent la région pendant des siècles, gouverna avec justice et initia les systèmes d’irrigation du Sawād. Sa correspondance avec ‘Umar est un document fondateur de la jurisprudence islamique. Ziyād b. Abīhi, son ancien secrétaire, devint le maître de l’Iraq omeyyade.

10.2 Le récitant

Comme qāri’, il est l’une des autorités de la transmission coranique en Iraq. Sa lecture, bien que supplantée par la vulgate ‘Uthmānienne, marqua l’école de Basra et laissa des traces dans la tradition grammaticale et exégétique. Sa belle voix (mizmār) est entrée dans la légende pieuse.

10.3 L’homme de la Fitna

Son rôle dans la Première Fitna est contrasté : modérateur à Kūfa, il tenta d’éviter la guerre civile mais fut balayé par les événements. L’arbitrage de Ṣiffīn, dont il fut l’instrument involontaire, ternit son image — les shī’a le considèrent comme traître à ‘Alī ; les sunnites l’excusent comme naïf mais bien intentionné. L’historiographie moderne (Madelung, Hinds) le juge comme un homme de compromis écrasé par des forces qu’il ne maîtrisait pas.

10.4 Le Yéménite en Iraq

Sa trajectoire — du Yémen à l’Abyssinie, à Médine, puis Basra et Kūfa — illustre la diaspora yéménite des qurrā’ en Iraq. Les tribus yéménites (Ash’ar, Nakha’, Kinda, Hamdān) formèrent un bloc important dans les cités-garnisons et fournirent une part significative des récitants et des opposants au pouvoir omeyyade.

Abū Mūsā est la figure emblématique de ce bloc yéménite en Iraq : arrivé à Médine avec une cinquantaine d’Ash’arites, il gouverna les deux grandes cités-garnisons, y implanta l’enseignement coranique, et — malgré sa naïveté politique fatale — laissa le souvenir d’un homme pieux, juste et d’une voix inoubliable.


Notes de bas de page

[1]: Mort et enterrement — Ibn Sa’d, Ṭabaqāt, p. 1526 (généalogie complète) ; Balādhurī, Ansāb, p. 253 (mort en 42 ou 44 H) ; Caetani, Annali, p. 130722 (mort entre 44 et 53 H).

[2]: Codex Lubāb al-Qulūb — Jeffery, Arthur, Materials for the History of the Text of the Qur’an, pp. 223–230.

[3]: Généalogie complète — Ibn Sa’d, Ṭabaqāt, p. 1526 ; Balādhurī, Ansāb, p. 253 (variante : عبد الله بن قيس بن سالم بن حضار بن حرب بن عامر بن عتر بن بكر بن عامر بن عذر بن وائل بن ناجية بن ماهر بن الأشعر).

[4]: Débat sur la hijra abyssinienne — Balādhurī, Ansāb, p. 253 (Wāqidī rejette la hijra abyssinienne) ; Ibn Sa’d, Ṭabaqāt, p. 1527. La tradition B est confirmée par le récit personnel d’Abū Mūsā.

[5]: Récit de la double hégire — Ibn Sa’d, Ṭabaqāt, p. 1527–1528 (récit complet de la traversée et de l’arrivée à Khaybar).

[6]: Récompense des deux hégires — Ibn Sa’d, Ṭabaqāt, p. 1528. Le Prophète leur dit : « لَكُمْ أَجْرُ هِجْرَتَيْنِ » (vous aurez la récompense de deux hégires).

[7]: Venuta degli As’ariti — Caetani, Annali, p. 767574 (§ 51), p. 773012.

[8]: Bataille d’Awtās — Wāqidī, Maghāzī, PAGES 810, 916 (kraken OCR : Abū ‘Āmir tue 9 hommes, remet le drapeau, Abū Mūsā tue le meurtrier, le Prophète prie pour les deux) ; Balādhurī, Ansāb, pp. 417, 845.

[9]: Hadith du mizmār — Ibn Sa’d, Ṭabaqāt, p. 1529 ; Bukhārī, Ṣaḥīḥ (hadith de la belle voix). Le Prophète : « لَقَدْ أُوتِيَ هَذَا مِنْ مَزَامِيرِ آلِ دَاوُدَ ».

[10]: Voix d’Abū Mūsā — Ibn Sa’d, Ṭabaqāt, p. 1529 (Abū ‘Uthmān al-Nahdī) : « فَلَوْ قُلْتُ إِنِّي لَمْ أَسْمَعْ صَوْتَ صَنْجٍ قَطُّ وَلَا مِزْمَارٍ قَطُّ كَانَ أَحْسَنَ مِنْهُ ».

[11]: Le Prophète pleure en l’écoutant — Ibn Sa’d, Ṭabaqāt, p. 1529 ; Balādhurī, Ansāb, p. 1001 (via Abū Burda).

[12]: Gouvernorat du Yémen — Balādhurī, Ansāb, p. 961 (Abū Mūsā sur Zabīd, Rima’, ‘Adan et la côte ; Mu’ādh sur Janad) ; Ṭabarī, Tārīkh, p. 3113 (an 10 H) ; Caetani, Annali, pp. 768103 (§ 13), 784698–787215.

[13]: Révolte d’al-Aswad al-‘Ansī — Ṭabarī, Tārīkh, p. 3004 (Ridda au Yémen).

[14]: Abū Mūsā évacue Ma’rib — Caetani, Annali, p. 801660 ; Ṭabarī, Tārīkh, p. 2916.

[15]: Pacification du Yémen — Ṭabarī, Tārīkh, p. 3004 ; Balādhurī, Ansāb, p. 961.

[16]: Affaire Mughīra — Balādhurī, Ansāb, pp. 543, 907 (récit des trois jours à al-Mirbad) ; Ṭabarī, Tārīkh, p. 3388.

[17]: Mosquée de Basra — Caetani, Annali, p. 85504 (abū Mūsā al-As’arī costruì la moschea) ; Caetani, p. 410996 (Masjid abī Mūsā).

[18]: Ziyād b. Abīhi — Balādhurī, Ansāb, p. 2316 (Ziyād secrétaire d’Abū Mūsā ; ‘Umar : « هَذَا مَنْ يَرْفَعُ اللَّهُ بِهِ خَسِيسَةَ أَهْلِهِ »).

[19]: Conquête de Tustar — Ṭabarī, Tārīkh, pp. 3408–3409 ; Caetani, Annali, pp. 255904, 256132, 382059.

[20]: Naṣībīn — Ṭabarī, Tārīkh, p. 3371 ; Caetani, Annali, p. 283131.

[21]: al-Ruhā’ et Simsāṭ — Caetani, Annali, p. 285064.

[22]: Campagne d’Iṣbahān — Ṭabarī, Tārīkh, pp. 3501–3504.

[23]: Lettre sur la justice — Ibn Sa’d, Ṭabaqāt, p. 1533 (texte de la lettre et application par Abū Mūsā).

[24]: Lettre sur le tribut — Caetani, Annali, pp. 542437, 546346.

[25]: Lettre sur le calendrier — Ṭabarī, Tārīkh, p. 2410.

[26]: Correspondance ‘Umar ↔ Abū Mūsā — Ḥamīd Allāh, Muḥammad, al-Wathā’iq al-Siyāsiyya.

[27]: Crise de Kūfa — Ṭabarī, Tārīkh, p. 3650 ; Balādhurī, Ansāb, pp. 1212–1217.

[28]: Abū Mūsā exhorte les Kūfans — Balādhurī, Ansāb, p. 1229.

[29]: Destitution par ‘Alī — Balādhurī, Ansāb, pp. 1229–1230 (lettre d’’Alī : « أما بعد فإنك ضعيف »). Ṭabarī, Tārīkh, p. 3798.

[30]: L’émirat et la royauté — Balādhurī, Ansāb, p. 1212 (poème : « أُبَايِعُ غَيْرَ مُكْتَتَمٍ عَلِيًّا وَلَا أَخْثَى أَمِيرِيَ الْأَشْعَرِيَّا »).

[31]: Al-Ḥasan défend Abū Mūsā — Balādhurī, Ansāb, p. 1214.

[32]: Rappel d’Abū Mūsā pour l’arbitrage — Balādhurī, Ansāb, p. 1305. Sa réaction : « إِنَّا لِلَّهِ وَإِنَّا إِلَيْهِ رَاجِعُونَ ».

[33]: Première rencontre à Dūmat al-Jandal — Balādhurī, Ansāb, pp. 1316–1321 ; Ṭabarī, Tārīkh, pp. 3960–3970.

[34]: Seconde rencontre à Adhruḥ — Balādhurī, Ansāb, pp. 1322–1323 (récit complet de la duperie) ; Ṭabarī, Tārīkh, pp. 3972–3973.

[35]: Ibn ‘Abbās maudit Abū Mūsā — Balādhurī, Ansāb, p. 1323 ; Ṭabarī, Tārīkh, p. 3973.

[36]: Regret d’Abū Mūsā — Ṭabarī, Tārīkh, p. 3973 : « مَا نَدِمْتُ عَلَى ضَرْبِ عَمْرٍو بِالسَّوْطِ إِلَّا أَلَّا أَكُونَ ضَرَبْتُهُ بِالسَّيْفِ ».

[37]: Visite à Mu’āwiya — Balādhurī, Ansāb, pp. 2168–2172 (refus de le saluer comme calife, puis allégeance) ; Caetani, Annali, p. 749835.

[38]: Mort — Balādhurī, Ansāb, p. 253 (44 H) ; Ibn Sa’d, Ṭabaqāt, p. 1527 ; Caetani, Annali, p. 130722.

[39]: Ziyād enterré près d’Abū Mūsā — Balādhurī, Ansāb, p. 2407.

[40]: Six savants — Ibn Sa’d, Ṭabaqāt, p. 797. Sha’bī : « أَخَذَ الْعِلْمَ سِتَّةٌ : عُمَرُ وَعَلِيٌّ وَأُبَيٌّ وَابْنُ مَسْعُودٍ وَزَيْدٌ وَأَبُو مُوسَى ».

[41]: Quatre autorités — Ibn Sa’d, Ṭabaqāt, p. 797. Ṣafwān b. Sulaym.

[42]: Deux hommes de savoir — Balādhurī, Ansāb, p. 5067.

[43]: Codex d’Abū Mūsā — Jeffery, Arthur, Materials for the History of the Text of the Qur’an, pp. 223–230. Archive : https://archive.org/details/in.ernet.dli.2015.76212/page/n223/mode/2up

[44]: Conflit des lectures — Ṭabarī, Tārīkh ; Balādhurī, Ansāb.

[45]: Enseignement à Basra — Balādhurī, Ansāb, p. 162 (Abū Mūsā tourne dans la mosquée avec les étudiants).

[46]: ‘Umar demande à Abū Mūsā de réciter — Ibn Sa’d, Ṭabaqāt, p. 1530 (« دَكُّونَا يَا أَبَا مُوسَى »).

[47]: 360 hadiths — chiffre donné par la tradition biographique (Dhahabī, Ibn Hajar).

[47bis]: Lexicographie — Wāqidī, Maghāzī, PAGE 401 (note savante citant « ما ذكر أبو موسى في كتابه الغريب » — son ouvrage al-Gharīb fī Gharīb al-Ḥadīth sur les mots rares).

[48]: Hadith « Mettez Abū Bakr » — Balādhurī, Ansāb, pp. 1001–1002 (via Abū Burda ← Abū Mūsā).

[49]: Hadith du prophète malade — Ibn Sa’d, Ṭabaqāt, p. 679.

[50]: Mariage avec Umm Kulthūm — Balādhurī, Ansāb, p. 1722.

[51]: Abū Burda — transmetteur principal des hadiths d’Abū Mūsā ; cité dans Ibn Sa’d, Ṭabaqāt, pp. 1529–1536 ; Balādhurī, Ansāb, p. 1001.

[52]: Al-A’ẓamī mentionne Abū Mūsā parmi les sept récitants distingués : « ‘Uthman, ‘Ali, Zaid, Ubayy, Abu Musa al-Ash’ari, Abu ad-Darda’, and Ibn Mas’ud » — Al-A’ẓamī, Muṣṭafā, The History of the Qur’anic Text, UK Islamic Academy, Leicester, 2003, p. 209 (p. 9484 du fichier extrait).

[53]: Al-A’ẓamī, liste des Compagnons envoyés enseigner le Coran : « Ibn Mas’ud, Abu Ayyub, Abu Bakr as-Siddiq, Abu Zaid, Abu Musa al-Ash’ari, Abu Huraira, Ubayy » — ibid., p. 83 (p. 3702 du fichier extrait).

[54]: Al-A’ẓamī, sur l’enseignement à Basra : « Abu Musa al-Ash’ari separated his students into groups in the Basra Masjid, supervising nearly three hundred » — ibid., pp. 105–106 (p. 4853 du fichier extrait). Le salaire de quinze dirhams et l’enseignement par séries de cinq versets sont mentionnés à la même page.

[55]: Al-A’ẓamī, témoignage d’‘A’la’ b. Hakam al-Kilābī sur la correction des muṣḥafs chez Abū Mūsā : « Entering the house of Abu Musa al-Ash’ari, I discovered in the company of Hudhaifa bin al-Yaman and ‘Abdullah Mas’ud on the top floor… They were gathered around a Mushaf sent by ‘Uthman, accompanied by an order to correct the copies in accordance with his. Abu Musa told them, “Whatever you find in my Mushaf that is additional [to ‘Uthman’s], remove it, and whatever you find missing, write it down” » — ibid., p. 118 (p. 5322 du fichier extrait).

[56]: Hinds, Martin, Kufan Political Alignments and Their Background in the Mid-Seventh Century A.D., IJMES 2 (1971), pp. 346–367. Sur la nomination d’Abū Mūsā comme gouverneur de Kūfa par les Kūfans : « The Kufans then chose Abu Musa al-Ash’ari as their governor » (p. 356). Sur le compromis de l’obéissance à ‘Uthmān : « Abu Musa, when requested by al-Ashtar to take charge of the ṣalāt, stipulated the expression of obedience to ‘Uthman » (p. 360). Le modus vivendiet la stabilité retrouvée sont décrits p. 361.

[57]: Hinds, sur le choix d’Abū Mūsā comme arbitre : « all the Kufans save the Shi’a wanted the arbiter to represent them; the latter prevailed in their insistence that Abu Musa (i.e. the representative of the state of affairs at Kufa before ‘Ali’s arrival) should be named as arbiter » — ibid., p. 363.


Bibliographie

Traditionelle

  • Ibn Sa’d — al-Ṭabaqāt al-Kabīr, Beyrouth : Dār Ṣādir.
  • Ṭabarī — Tārīkh al-Rusul wa-l-Mulūk, Le Caire : Dār al-Ma’ārif.
  • Balādhurī — Ansāb al-Ashrāf, Le Caire / Beyrouth : Dār al-Ma’ārif / Mu’assasat al-Ma’ārif.
  • Wāqidī — al-Maghāzī, éd. Marsden Jones, Oxford University Press, 1966.
  • Ibn Qayyim al-Jawziyya — correspondance ‘Umar ↔ Abū Mūsā.

Académique

  • Al-A’ẓamī, Muṣṭafā — The History of the Qur’anic Text: From Revelation to Compilation — A Comparative Study with the Old and New Testaments, UK Islamic Academy, Leicester, 2003.
  • Jeffery, Arthur — Materials for the History of the Text of the Qur’an, Leyde, 1937.
  • Madelung, Wilferd — The Succession to Muhammad, Cambridge University Press, 1997.
  • Hinds, Martin — Kufan Political Alignments and Their Background in the Mid-Seventh Century A.D., IJMES 2 (1971), pp. 346–367.
  • Shaban, M. A. — Islamic History: A New Interpretation, vol. 1, Cambridge, 1971.
  • Ḥamīd Allāh, Muḥammad — al-Wathā’iq al-Siyāsiyya li-l-‘Ahd al-Nabawī wa-l-Khilāfa al-Rāshida.
  • Caetani, Leone — Annali dell’Islam, Milan : Hoepli, 1905–1926.

 

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