La fonction de l’islamophobie dans Dune

Etudier l’islamophobie à partir d’un exemple concret, Dune, box office, bon film, approche à première vue sympathique. En partant d’une analyse ecterieure qui ne se préoccuppe pas de la religion, mais soulève deux points de divergences entre le film et l’original. Qui pourtant note – à coté – que Villeneuve fait entrer une notion de fondamentalisme religieux vs non religiosité qui n’est pas dans le livre. Mais le critique ne fait pas le lien, donc nous on va le faire.

En quoi la religiosité dans l’adaptation cinématographique diffère de l’ouvrage de reference. Quel role joue-t-elle ?

Le critique du film note deux points de divergence pour le charactère de Paul entre le livre et le film. On va les suivre.

1er point. Dans le film Paul a le choix entre se rendre aux Harkonnen et eviter un j-hd meurtrier, ou bien aller vers les fondamentalistes et declencher une violence terrible. Il lui arrive alors, en choisissant d’aller au Sud pour combattre, de devenir COMME les harkonnen. Dans le livre au contraire, le choix du Sud est présenter comme d’abord un choix de survie et de justice. C’est alors l’autre choix, se rendre aux harkonnen, qui ammenerait à devenir comme eux. S’intégrer quoi. L’autre choix, celui de la survie et de la justice (qui sont liées) aurait pour conséquence de foutre en l’air, c’est annoncé, inévitable. Mais pour Paul il y aurait alors moyen de trouver un chemin, une issue positive.

Dans la vie, on le connait ce choix. Prendre le pouvoir des mains des bourgeois, c’est pas bien, c’est violent. ils sont un mal acceptable qui conditionne que tout aille bien (?). Donc Paul dans le film choisit de tout foutre en l’air, avec les fanatiques. Vous l’avez vu la douille islamophobe ? Le choix du livre de survie immédiate et de justice, qui ammène à remettre en cause l’ordre social, c’est dans le film le choix du fondamentalisme religieux. C’est le Scar du roi lion qui rassemble les hyènes. Faire le choix du religieux, c’est remettre en cause l’ordre injuste, et c’est pas bien.

2e point. Dans le film donc, Paul devient méchant, comme les harkonnens, parcequ’il prend le pouvoir avec la guerre de libération des fremens. Et ça va declencher un terrible j-hd. Dictature, autoritarisme, violence, c’est vraiment pas bien ce qu’il devient.

Dans le livre par contre, déjà les harkonnens ne sont pas des nazis. Ce sont de charismatiques et impulsifs narcissistes. Des microns quoi. Et Paul veut surtout ne pas devenir comme eux. Pour Franck Herbert, c’est important que Paul reste toujours un mec sympa, ultra loyal à ses proches et ses alliés, que ses objectifs personnels soient justes. Pourquoi ? Herbert veut définitivement casser le mythe du bon roi. Paul est le bon roi, mais c’est quand meme une structure d’autorité de pouvoir qui se construit, malgré tout ce qu’il fait pour l’empecher. Le pouvoir et sa structure reviennent MALGRE la lutte de libération. Ca ne remet pas en cause la guerre de libération elle meme, et c’est à peu près ce que dit le marxisme, la lutte de libération est une étape nécessaire, de survie immédiate et de justice, mais pas suffisante. Ensuite elle permet le socialisme, ou alors un nouvel ordre de domination se construit, quelles que soient les (bonnes) intentions de départ.

Et là l’auteur de la critique ne voit pas la douille. Pour lui de toute façon le j-hd c’est de la merde, mais Paul va pouvoir en diminuer la nocivité. C’est une impasse (que fait peut etre aussi Herbert) sur la notion elle meme, qui est d’abord de lutte intérieure (ce que fait le Paul du livre à sa façon), et ensuite de justice contenue. La notion meme de contenue est dans l’idée de base. Surement pas un dechainement de haine barbare qui deferle sur l’univers. Là il y a donc une méconnaissance de base du monothéisme. Et de c’est la meme avec la guerre révolutionnaire, qui se doit d’etre la plus disciplinée et la moins nocive possible. Une guerre de libération vise à chasser l’oppressuer, reconstruire, amnistier. C’est pas un génocide punitif.

Donc Herbert a l’idée, mais il ne suppose que c’est déjà partagé par tous. Enfin un peu : les fremen du livre sont finalement emmenés par le fanatisme, mais ils sont présentés comme bien plus structurés socialement et mentalement. Ils ont des attentes et Children of Dune montre ces attentes déçues. En vrai, il n’y a que les nazis qui esperent un deferlement de violence barbabre régénératrice. Et l’imperialisme qui le fait en pratique, mais c’est pas dans son idéologie a priori. C’est tellement pratique la vision raciste qui projette sur les civilissations des autres qui n’ont rien demandé ce qu’elle meme produit. Et dire que combattre le nazisme, c’est devenir mauvais ? Alors que le livre disait que combattre l’ordre injuste est une violence malgré soi.

Dans le livre, l’engagement mutuel de Paul et des fremens est une alliance vers un bien commun. Il ne s’agit pas de manipuler les fremes par la voix, dans une option trop facile de « spacemagik ». Il doit y avoir une logique commune, c’est formulé. Stilgar et les autres s’adaptent d’eux memes à la situation selon l’interet de preserver le bien de la communauté. Il n’y a pas de monstruosité intrinséque à libérer par le fanatisme.

Donc voilà, les petites marottes de comparer l’original à l’adapatation ont toujours le mérite de faire ressortir l’idéologie de l’époque. Ici, la notion de fondamentalisme religieux, que l’auteur insère dans le film de sa propre initiative. Et quand Paul, après une phase initiatique typique du cinéma, et que je ne crois pas présente dans le livre, fait le choix du Sud, du fondamentalisme religieux, c’est pour devenir un monstre autoritaire. Comme toujours chez les liberaux, se présenter anti religieux masque leur conformisme et leur pouvoir ; les harkonnens ne sont plus de charismatiques impulsifs. C’est toujours un probleme à surveiller quand le méchant est trop mauvais. Les bons méchants sont ambigus (lire d’ailleurs le syndrome magneto). Le système d’aujourd’hui est renversable, et pour le mieux. Il y a une notion de justice et de survie pour le Sud, et les guerre de libération ne sont pas un barbarisme monstrueux, mais une nécessité, comprise dans leur domination.

La vidéo critique très interessante pour les fans de Dune https://youtu.be/HKVbr99LbK4&t=1575

Et en bonus le discours « vous n’aurez plus jamais faim » de Scar. Fabuleuse mise en scène de l’islamogauchisme. https://www.youtube.com/watch?v=ZeA4jRRcLHo

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