Abū al-Hārith — Shayba Abd al-Muttalib ibn Hāshim ibn Abd Manāf ibn Qusayy ibn Kilāb ibn Murra ibn Ka’b ibn Lu’ayy ibn Ghālib ibn Fahr ibn Mālik ibn al-Nadr ibn Kināna ibn Khuzayma ibn Mudrika ibn Ilyās ibn Mudar ibn Nizār ibn Ma’add ibn Adnān, de la tribu des Quraysh, clan des Banū Hāshim. Sa mère est Salmā bint Amr ibn Zayd ibn Labīd ibn Haritha ibn Abīd ibn Ghanm ibn Adiy ibn al-Najjār (Khazraj, Yathrib/Médine). Né sous le nom de Shayba (« à cheveux blancs ») à Yathrib, mort vers 578 EC à La Mecque, enterré au cimetière d’al-Hajūn.[1]
Cet article propose une analyse historique et critique de la figure d’ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim, chef de la tribu des Quraysh et grand-père du prophète de l’Islam. En s’éloignant des récits purement hagiographiques, nous examinons son rôle central dans la structuration politique et économique de La Mecque préislamique. De la redécouverte du puits de Zamzam à la négociation face à l’expédition d’Abraha (Année de l’Éléphant), en passant par la consolidation d’alliances stratégiques (notamment avec les Khuzā’a et les Banū Zuhra), son action a profondément façonné l’environnement socio-politique de l’émergence de l’Islam. Comprendre ʿAbd al-Muṭṭalib, c’est saisir les racines matérielles et sociales, entre continuité tribale et rupture, du message coranique face à l’ordre mercantile et impérial de son époque.
Table of Contents
Fils posthume de Hāshim, élevé chez ses oncles maternels Banū al-Najjār à Yathrib jusqu’à l’âge de huit ans, puis ramené à La Mecque par son oncle al-Muttalib ibn Abd Manāf. Héritier de la siqāya (abreuvoir des pèlerins) et de la rifāda(nourriture des pèlerins), il redéfinit le statut de Quraysh par la redécouverte du puits de Zamzam, la négociation face à l’expédition d’Abraha (Année de l’Éléphant, ~570 EC). Il sécurisa la route caravanière vers le Yémen par une alliance perpétuelle avec Khuzā’a (Azd), ouvrant aux Hāshimites un réseau commercial sud-arabe qui perdura jusqu’à l’Islam. Il maria son fils Abd Allāh à Āmina bint Wahb (Zuhra), leur fils sera le Prophète Muhammad, saws. Ses dix fils, oncles paternels du Prophète, éduquèrent Muhammad et tissèrent, par leurs mariages avec les Banu Asad, Banu Zuhra et des familles yéménites (Hind bint Awf, Jahsh), le réseau clanique qui devint le noyau des premiers convertis.
1. Origines et enfance à Yathrib
Abd al-Muttalib naquit à Yathrib (la future Médine) dans la maison de sa mère Salmā, fille de Amr ibn Zayd, du clan des Banū al-Najjār (Khazraj). Son père fut Hāshim ibn Abd Manāf, cheikh renommé de Quraysh. Lorsque Himyar perd de son prestige, Hashim réorganise le commerce mecquois et constitue avec Abd Shams le Hilf al-Mutayyabun pour s’imposer dans les institutions mecquoises face aux tribues héritières de Qusay (voir “L’Expansion de la Mecque”). Hashim décède à Gaza sur la route du retour, avant la naissance d’Abd al-Muttalib — ou peu après, selon les versions.[2]
L’enfant naquit avec une mèche de cheveux blancs sur le front, d’où son nom Shayba (« vieux, à cheveux blancs »). Il grandit chez ses oncles maternels, les Banū al-Najjār, pendant huit ans. Son oncle, Al-Muttalib ibn Abd Manāf vint le chercher à Yathrib. Salmā refusa d’abord de le laisser partir, mais al-Muttalib jura de ne pas repartir sans son neveu. Il l’emmena à La Mecque, entrant en plein midi ; les Qurayshites, le voyant petit et vêtu modestement, crurent que c’était un esclave d’al-Muttalib et dirent : « Voici Abd al-Muttalib » (« serviteur d’al-Muttalib »). Al-Muttalib corrigea : « Malheur à vous ! C’est mon neveu Shayba, fils de mon frère Hāshim. » Mais le nom resta.[3]
2. Héritage des charges : siqāya, rifāda et direction de Quraysh
À la mort d’al-Muttalib (à Radmān, au Yémen), Abd al-Muttalib — alors jeune homme — récupéra des charges conquises par les Mutayyabun, la siqāya et la rifāda . Il installa des citernes (ḥiwāḍ) en cuir à La Mecque, à Minā et à Arafāt, y fit porter l’eau de Zamzam (une fois le puits redécouvert) et organisa le ravitaillement des pèlerins : pain, viande, sament, dattes, sawīq. Il se tenait personnellement aux jours du hajj et proclamait : « Ô gens de Quraysh, vous êtes les voisins de Dieu, gens de Sa maison ; les pèlerins sont les hôtes de Dieu, les plus dignes d’hospitalité. Honorez-les. »[4]
Son autorité grandit : il devint sayyid de Quraysh, consulté pour les alliances, les guerres (fijār), les réparations de la Ka’ba. Les sources soulignent sa taille imposante, son teint clair/blond, sa beauté, sa générosité (jawād), son hilm (clémence) et l’estime des rois — le Negus d’Abyssinie et l’empereur byzantin l’honorèrent.[5]
3. Le vœu des dix fils et le rachat d’Abd Allāh
N’ayant longtemps eu qu’un seul fils (al-Hārith), Abd al-Muttalib fit vœu : si Dieu lui donnait dix fils, il en sacrifierait un à la Ka’ba. Naquirent successivement : al-Zubayr, Abū Ṭālib, Abd Allāh, Hamza, al-Abbās, Abū Lahab, al-Muqawwim, Dirār (mort jeune), al-Ghaydāq. À dix fils vivants, il tira au sort devant la Ka’ba — la flèche désigna Abd Allāh, son fils cadet et le plus aimé.[12]
Les Quraysh et les frères d’Abd Allāh (notamment Abū Ṭālib) s’y opposèrent farouchement. On consulta une kāhina (devineresse) de Khath’am (ou de Juhayna) qui prescrivit : tirer au sort entre Abd Allāh et dix chameaux ; si la flèche tombe sur Abd Allāh, ajouter dix chameaux, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’elle tombe sur les chameaux. Au bout de cent chameaux, le sort tomba sur les bêtes. Abd Allāh fut racheté ; les cent chameaux furent immolés et distribués aux pauvres — premier exemple de diya (prix du sang) fixé à 100 chameaux dans l’islam naissant.[13]
La femme d’Abd al-Muttalib est Fāṭima bt ʿAmr b. ʿĀʾidh b. ʿImrān b. Makhzūm, mère de 10 fils et 6 filles d’Abd al-Muṭṭalib (ʿAbd Allāh, Abū Ṭālib, al-Zubayr, Hamza, al-ʿAbbās, Abū Lahab, …).
4. La redécouverte de Zamzam (v. 560-565 EC)
Le puits de Zamzam, creusé par l’ange pour Ismā’īl, avait été comblé par les Jurhum lors de leur expulsion de La Mecque. Son emplacement s’était perdu. Abd al-Muttalib, qui a la charge d’abreuver les pélerins à La Mecque, vit en rêve (ou par inspiration, ilḥām) l’ordre successif de creuser : Ṭayba, puis Barra, puis al-Madnūna, enfin Zamzam — « elle ne tarit pas, elle ne diminue pas ; elle abreuve le grand pèlerin ». L’indication précise : « entre le crottin et le sang, au trou du corbeau à face noire » (un corbeau qui ne quittait pas l’aire des sacrifices).[6]
Il creusa avec son unique fils al-Hārith pendant trois jours. Quraysh vint réclamer sa part du trésor découvert (deux gazelles d’or, épées, armures). Abd al-Muttalib accepta le tirage au sort (qur’a) : les gazelles revinrent à la Ka’ba (plaquées sur sa porte), les épées furent suspendues à ses battants, la clé et la serrure furent faites en or. Quraysh renonça à toute revendication.[7] À partir de ce jour, la siqāya se fit exclusivement à l’eau de Zamzam, et Abd al-Muttalib en porta personnellement l’eau à Arafāt sur ses chameaux.[8]
5. Alliance avec Khuzā’a et les Banū Zuhra
5.1 Contexte
Un conflit de succession divisa les Quraysh entre l’alliance des Mutayyabūn et celle des Ahlāf. À la mort de Qusayy ibn Kilāb, qui avait évincé les Khuzāʿa de la garde de la Kaʿba, les charges sacrées furent partagées entre ses petits-fils : les Mutayyabūn — Hāshim, ʿAbd Shams, Zuhra et Taim — conservèrent la siqāya et la rifāda, tandis que les Ahlāf — ʿAbd al-Dār, Makhzūm, Sahm, Jumah et ʿAdiyy — détinrent la ḥijāba, le liwāʾ et la Dār al-Nadwa[18a]. C’est dans ce cadre que se joua, puis se défit, la fortune des Hāshimites.
Le neveu d’Hāshim, Umayya ibn ʿAbd Shams, jaloux de l’influence de son oncle HAshim, le père d’Abd al-Muttalib, le provoqua en munāfara — duel de prestige et d’honneur tranché par un ḥakam. Hāshim aurait préféré refuser, mais Quraysh le contraignit d’accepter. Le juge désigné fut un kāhin de Khuzāʿa. Umayya fut condamné à payé cinquante chamelles à Abd al-Muttalib, et partir en exil de La Mecque pour dix ans ; « Ce fut, dit-on, la première inimitié entre Banu Hāshim et Banu Umayya. » [La querelle, née entre oncle et neveu, se transmet comme un héritage et structurera l’opposition Hāshim/Umayya jusqu’à l’époque omeyyade.] [17][17a]
La tête des Banu ʿAbd Shams passa à Umayya, qui affirma sa prééminence sur plusieurs clans. Il entra en conflit avec Wahb ibn ʿAbd Manāf (Zuhra) au sujet d’un droit de passage : Umayya passait trop souvent devant sa maison, s’y introduisit, et blessa Wahb qui lui avait demandé de prendre un autre chemin. Les Banu Zuhra durent céder ; Umayya confisqua une maison de Wahb, la future Dār Ṣafwān[18b]. [Les Umayya imposent leur arbitraire à un allié des Mutayyabūn eux-mêmes : le bloc originel commence à se fissurer.]
Le différend s’envenima avec son fils Harb ibn Umayya, qui fit assassiner ʿUdhayna, un marchand juif de Najrān placé sous la protection (jīwār) d’ʿAbd al-Muttalib. Celui-ci exigea réparation ; les deux parties choisirent un ḥakam issu des Banu ʿAdiyy. Le verdict favorisa ʿAbd al-Muttalib, ce qui déchaîna Harb contre le juge ; les Banu ʿAdiyy, soutenus par les Banu Sahm, défendirent leur homme, tandis que les clans de Hāshim, de Zuhra et de Taim soutinrent ʿAbd al-Muttalib. L’affrontement militaire fut évité, mais le jeu d’alliances bascula : les Banu Umayya et Banu Nawfal se rapprochèrent d’un côté, les Hāshim, Zuhra et Taim de l’autre. Dès lors les Umayya et les Nawfal s’émancipaient peu à peu de l’alliance des Mutayyabūn[18c]. [La ligne de fracture ne passe plus entre Mutayyabūn et Ahlāf, mais entre un pôle omeyyade (Umayya + Nawfal) et un pôle hachémite (Hāshim + Zuhra + Taim).]
La marginalisation hachémite se conclut lors d’une dernière munāfara : Nawfal ibn ʿAbd Manāf, soutenu par les Umayya, revendiqua le terrain al-Arkah appartenant à ʿAbd al-Muttalib et le donna à l’un de ses fils. ʿAbd al-Muttalib, ne trouvant aucun allié de haut rang au sein de Quraysh, fut contraint de chercher appui hors de la tribu. Les Khuzāʿa — anciens gardiens de la Kaʿba évincés par Qusayy, relégués dans une position subalterne — saisirent l’occasion : leur conseil décida que « le temps avait cicatrisé ce qui s’était blessé entre [eux et Quraysh] », et une délégation proposa l’alliance à ʿAbd al-Muttalib, qui l’accepta aussitôt. Les délégations des deux parties se réunirent à la Dār al-Nadwa et conclurent le pacte, scellé par le mariage de Ḥayla bt Hāshim (sœur d’ʿAbd al-Muttalib) avec al-Aḥjam ibn Dindina al-Khuzā’ī[18d]. [Pour la première fois, un Hāshimite doit s’allier hors de Quraysh contre des Qurayshites — signe que les Hāshimites sont poussés hors du cercle du pouvoir. C’est aussi l’ouverture vers un réseau yéménite (Khuzāʿa, Azd), que ʿAbd al-Muttalib approfondira ensuite (§5.2) et qu’il couplera du côté de Zuhra (§5.3).]
C’est dans ce contexte de recul relatif des Hāshimites qu’Abd al-Muttalib va consolider des alliances avec Khuzā’a et les Banū Zuhra :
5.2 L’alliance avec Khuzā’a (tribu yéménite Azd) — ~565-570 EC
Parallèlement à la redécouverte de Zamzam, Abd al-Muttalib conclut une alliance perpétuelle (ḥilf) avec Khuzā’a, tribu yéménite (Azd) installée à La Mecque et ses environs (Mar al-Ẓahrān, al-Ḥudaybiyya) depuis l’effondrement du barrage de Ma’rib. Khuzā’a étaient les anciens gardiens de la Ka’ba (via Hulayl ibn Ḥubshiyya) avant leur éviction par Qusayy ; l’alliance régularise leur statut d’alliés privilégiés de la maison hachémite.[5a]
Texte de l’alliance (Wāqidī, II, p. 827) :
« بسمك اللهم هذا حلف عبد المطلب بن هاشم لخزاعة » « Au nom de Dieu, voici l’alliance d’Abd al-Muttalib ibn Hāshim pour Khuzā’a. »
Clauses principales (Hamidullah, Le Prophète de l’Islam, T. I, pp. 42-43) :
- Perpétuité : « Alliance perpétuelle pour tout le temps que le soleil se lève » (كل ليلة يطلع فيها الشمس)
- Solidarité militaire : Khuzā’a s’engage à aider Abd al-Muttalib, ses enfants et ses compagnons contre tout Arabe, à l’Est ou à l’Ouest
- Réciprocité : Abd al-Muttalib et les siens aident Khuzā’a de même
- Sanctuaire partagé : Protection mutuelle du Ḥaram
- Témoins : Conclue « quand leurs notables et gens d’opinion vinrent à lui, absent et présent ratifiant ce qu’a jugé leur témoin »
Contexte stratégique :
- Contre-pouvoir aux Banū Umayya : Abū Lahab et Harb ibn Umayya montent ; Abd al-Muttalib sécurise son flanc sud
- Restauration hachémite : Après Zamzam, il devient sayyid incontesté ; l’alliance légitime son autorité sur les anciens gardiens de la Ka’ba
- Commerce : Khuzā’a contrôle la route caravanière vers le Yémen (hiver) et la mer Rouge — relais essentiel pour le ilāf hivernal
Conséquences commerciales documentées :
- Sécurisation de la route du Yémen : L’alliance garantit le passage des caravanes hachémites vers le Yémen et l’Abyssinie (route d’hiver du ilāf), neutralisant les raids khuzā’ites potentiels[5b]
- Accès aux ports yéménites : Aden, Mocha — relais pour l’encens, les épices, les tissus indiens transitant par la mer Rouge[5c]
- Relais à al-Ḥudaybiyya : Khuzā’a y maintient un maḥall (halte commerciale) utilisé par les caravanes quraychites[5d]
- Preuve ultérieure : À Ḥudaybiyya (6 H/628 EC), le Prophète invoque cette alliance quand Quraysh attaque Khuzā’a (allié du Prophète) — il lit le document apporté par la délégation khuzā’ite (Budayl ibn Waraqā’, ‘Amr ibn Sālim) comme casus belli pour la conquête de La Mecque (8 H)[5e]
Postérité de l’alliance :
| Période | Rôle |
|---|---|
| 628-630 EC | Khuzā’a rejoint le Prophète à Ḥudaybiyya ; Budayl ibn Waraqā’ négociateur clé |
| Conquête (8 H) | Khuzā’a entre dans La Mecque aux côtés du Prophète (bannière propre) |
| Guerres de Ridda | Khuzā’a reste loyal à Abū Bakr (via l’alliance prophétique) |
| Époque omeyyade | Khuzā’a soutient Ibn al-Zubayr contre Yazīd (alliance hachémite réactivée) |
5.3 Double mariage avec les Banu Zhura et naissance du Prophète (~568 EC)
Double alliance simultanée avec les Banū Zuhra
Les Banu Zuhra sont traditionnelement proches des Banu ‘Abd al-Muttalib. Ayyilah bint al Muttalib était mariée à Wuhayb ibn Abd Manaf ibn Zurah[14a]. Ils ont une fille Halah. A la mort du leader Wahb ibn Abd Manaf (le frère de Wuhayb), Ayyilah prend en charge sa fille Aminah.
Abd al-Muttalib consolida alors l’alliance par un double mariage simultané : ‘Abd al-Muttalib va épouser Halah bint Wuhayb, la fille d’Ayyilah bint al Muttalib, et Abdallah ibn ‘Abd al-Muttalib va épouser Aminah bint Wahb, la future mère de Muhammad, alors agée de 15 ans, qui vit chez Ayyilah. Les deux unions furent célébrées le même jour [14b]. Ainsi les Banu Hashim et Banu Zuhra consolident leurs alliances.
Naissance du Prophète
Le mariage d’Abd Allāh et Āmina fut consommé ; Abd Allāh partit en caravane vers la Syrie, tomba malade à Yathrib chez les Banū al-Najjār (oncles maternels de son père), y mourut et y fut enterré — quelques mois avant la naissance de Muhammad (12 rabī’ al-awwal / ~20 avril 570 EC, Année de l’Éléphant).[14c]
Abd al-Muttalib prit alors la garde de son petit-fils orphelin. Il l’emmena à la Ka’ba, le présenta à Dieu, et le confia à sa nourrice Halīma al-Sa’diyya. Il veilla sur l’enfant jusqu’à sa propre mort.
Naquirent ensuite de ‘Abd al-Muttalib et Hāla bt Wuhayb b. ʿAbd Manāf b. Zuhra :
Hamza, al-Muqawwim, Ṣafiyya. Les trois d’un age similaire au Prophète, jouèerent un role important dans les premières années de l’Islam.
6. L’Année de l’Éléphant et la rencontre avec Abraha (570 EC)
6.1 La victoire contre Abraha
L’Abyssin Abraha al-Ashram, vicaire du Negus au Yémen, marcha sur La Mecque avec un éléphant (Maḥmūd) pour détruire la Ka’ba et détourner le pèlerinage vers son église de Sanaa (al-Qullays). Il s’empara de 200 chameaux appartenant à Abd al-Muttalib. Ce dernier monta au camp d’Abraha, non pour défendre la Ka’ba — « je suis le seigneur des chameaux, la Maison a un Seigneur qui la protège » — mais pour récupérer ses bêtes.[9]
Abraha, impressionné par sa prestance, descendit de son trône et s’assit à ses côtés sur le tapis. Par l’interprète, Abd al-Muttalib demanda ses 200 chameaux. Abraha répondit : « Je t’admirais, puis je t’ai méprisé quand tu m’as parlé de chameaux sans mentionner la Maison que je viens détruire. » Abd al-Muttalib : « Moi, je suis le seigneur des chameaux ; la Maison a son Seigneur qui la défendra. » Abraha lui rendit ses chameaux.[10]
Abd al-Muttalib rentra à La Mecque, ordonna l’évacuation vers les collines, et s’accrocha à l’anneau de la Ka’ba en priant : « Ô Dieu, ne laisse pas la croix l’emporter sur la Ka’ba. » L’éléphant refusa d’avancer vers La Mecque (se couchant à chaque fois qu’on le tournait vers elle) ; des vols d’oiseaux (abābīl) lancèrent des pierres d’argile qui décimèrent l’armée. Abraha mourut en rentrant à Sanaa, le corps se délitérant.[11] Cet événement (ʿĀm al-Fīl) devint le repère chronologique de la péninsule.
Quelques années après la défaite d’Abraha, les Perses Sassanides (général Wahriz, sous Khosrow Anūshīrvān) chassèrent les Abyssins du Yémen à la demande du roi himyarite Sayf ibn Dhī Yazan (Ṭabarī, Tārīkh, p. 2155–2169).
7. Ses enfants — Ahl al Bayt, les Banu ‘Abd al Muttalib
Abd al-Muttalib laissa dix fils et six filles, tous nés de Fāṭima bint Amr ibn ʿĀʾidh ibn ʿImrān ibn Makhzūm (sauf indication) :
Classement par date de conversion à l’Islam (mort avant l’Islam → Abū Ṭālib → convertis précoces → convertis tardifs → jamais converti) :
| Enfant | Événements marquants & Hilf al-Fudul | Épouse(s) — rapport à l’Islam / faits marquants | Enfants (gras = rôle important dans l’Islam) | Conversion à l’Islam |
|---|---|---|---|---|
| al-Hārith | Aîné, mort jeune (avant la mission), peu de postérité | — | — | Mort avant l’Islam |
| al-Zubayr | Héritier de la siqāya/rifāda ; éduque Muhammad, l’emmene au Yémen en voyage commercial (~584 EC)[6a] ; commande les Banū Hāshim à Yawm Shamṭala (Fijār, ~590)[6c] ; initie le Hilf al-Fuḍūl (~590) pour un marchand Banu Zubayd (Yémen) — Muhammad et Hamza participants[6b] ; mourut sans postérité mâle | — | — | Mort avant l’Islamal-Zubayr b. ʿAbd al-Muṭṭalib meurt quand le Prophète a ~33 ans (~604), variante « aux jours du mabʿath » (Balādhurī, II/284 [PAGE 1058]) |
| Abd Allāh | Père du Prophète ; mort jeune à Yathrib (570 EC) chez les Banū al-Najjār | Āmina bint Wahb (Zuhra) — mère du Prophète ; mourut jeune à Abwā’ en revenant de Médine ; | Muhammad(Prophète) | Mort avant l’Islam |
| Dirār | Mort en bas âge | — | — | Mort avant l’Islam |
| Abū Ṭālib(Abd Manāf) | Protecteur du Prophète ; chef de Banū Hāshim ; Fijār (participant, collectif عمومتي)[6c] ; organisa la tribue lors du boycott de la Shi’b Abī Ṭālib (619-622 EC) ; mourut à l’« Année du Chagrin » (619 EC) | Fāṭima bint Asad (Hāshim) — convertie précoce; éleva le Prophète après la mort de sa mère ; le Prophète dit : « Elle fut ma mère après ma mère » ; funeral : Prophète donna sa chemise pour le linceul, pria sur elle, descendit dans sa tombe | Alī (4e calife, pivot de l’Islam), Ja’far (martyr à Mu’ta, « al-Ṭayyār »), Aqīl (généalogiste, Compagnon), Ṭālib, Umm Hānī (témoin de l’Isrā’, transmit hadiths), Jumāna | Cas particulier : n’a pas converti formellement (mourut 619 EC, avant l’Hégire) ; protégea le Prophète jusqu’à sa mort ; certains hadiths suggèrent une foi cachée |
| al-Abbās | Oncle du Prophète ; Fijār(عمومتي)[6c] ; Hilf al-Fuḍūl participant ; prisonnier à Badr(rançonné) ; témoin à Ḥudaybiyya (6 H) ; aide à la conquête de La Mecque (8 H) ; ancêtre des Abbassides | Lubaba al-Kubra (Umm al-Fadl) bt al-Harith (Khazraj)— 1re femme convertie après son amie Khadija, famille de Hind bint Awf ; transmise 30+ hadiths ; Fatima bint Junayd — convertie ; Hajila bt Junayd — convertie | Al-Fadl, ‘Abd Allāh ibn al-Abbās (Hibr al-Umma, exégète, juriste, cousin du Prophète), Qutham, Mu’bad, ‘Abd al-Rahmān, Umm Habib | ~620-622 EC(conversion secrèteavant l’Hégire, agent à La Mecque) → 8 H/630(conversion publique à la conquête de La Mecque) ; le Prophète dit : « L’oncle est le père » (Bukhārī) |
| Ṣafiyya(fille de Hāla bt Wuhayb ibn ʿAbd Manāf ibn Zuhra) | Vie en face de Khadija et Muhammad. Tante aimée du Prophète ; présente à Uhud (3 H) — soigna les blessés ; vécut jusqu’au califat d’’Umar (m. ~20 H/641) | 1. al-Hārith ibn Harb (Umayya) mécréant, tué à Badr. 2. Avant 594, épouse al-ʿAwām ibn Khuwaylid (Asad), cousin de Khadīja, père d’al-Zubayr | Al-Zubayr ibn al-ʿAwām (Hawārī du Prophète, Badr, Uhud, Khandaq, conquête La Mecque, Yarmouk, calife de droit), al-Sā’ib, ‘Abd al-Ka’ba | ~612 EC Son fils ainé dans les premiers convertis. Renouvelle sa baya à Dar al Arqam avec son frere Hamza. ; émigra à Médine ; le Prophète la visita à Uhud |
| Hamza (fils de Hāla bt Wuhayb ibn ʿAbd Manāf ibn Zuhra) | « Lion de Dieu » (Asad Allāh) ; Fijār (عمومتي)[6c] ; Badr (1 H/624) — tua Shayba ibn Rabī’a et ‘Utba ibn Rabī’a ; Uhud (3 H/625) — martyr, tué par Wahshī, corps mutilé par Hind bint ‘Utba | Khawla bint Qays — convertie ; Umm Kulthum bint Jarwal — convertie ; Salma bint ‘Umays (Khath’am) — convertie précoce, émigra en Abyssinie (2e hijra) avec mari Hamza, puis à Médine ; sœur d’Asmā’ bint ‘Umays (épouse de Ja’far puis Abū Bakr puis Alī) | Ya’la, ‘Amara, Fatima | ~612 EC (2e année de la mission) — après insulte d’Abū Jahl ; frappa Abū Jahl à l’arc, déclara : « Je suis de sa religion » (Ibn Sa’d, III/139) |
| al-Muqawwim(fils de Hāla bt Wuhayb ibn ʿAbd Manāf ibn Zuhra) | Fijār (عمومتي)[6c] ; frère d’Abū Lahab (mère commune) ; discret ; peu de traces historiques | — | — | ~612 EC (avec Hamza, conversion précoce) ; émigra à Médine ; combattit à Badr ? (sources discordantes) |
| Barrā | Marriée avec un Banu Makhzum comme sa soeur ‘Atika (voir plus bas). Leurs enfants seront mariés ensembles, sans protection tribale puisque issus du clan ennemi Makhzum, le couple sera des premiers de l’émigration en Abyssinie. | mariage avec ʿAbd al-Asad b. Hilāl b. ʿAbd Allāh b. ʿUmar b. Makhzūm — père de de Abū Salama ; après sa mort, mariage avec Abū Ruhm b. ʿAbd (lignée Lu’ayy via ʿĀmir b. Lu’ayy). naissance de Abū Sabra (ou Abū Sarra)[14] ; | Abū Salama (Abd Allāh b. ʿAbd al-Asad, né c. 595, futur Compagnon de Badr, épouse sa cousine Umm Salama, fille d’Atika et Makhzum, le couple émigre en Abyssinie. Badr, Uhud, « premier à émigrer » selon certains | Convertie Avec son fils Abū Salama(Compagnon précoce, conversion ~613-614 EC) |
| Ummayma | Pivot du bloc ibn Jahsh, tous convertis très tot. Et commes les enfants de Barra, partent en Abyssinie (sans elle) | mariage avec Jahsh ibn Riyāb (Asad)(Banū Asad, clan de Khadīja, allié d’ʿAbd Shams) | ʿAbd Allāh b. Jaḥsh (c. 595, premier commandant expédition musulmane), Ubayd Allāh (hanif, converti puis chrétien à nouveau en Abyssinie), Abd b. Jaḥsh, Zaynab bt Jahsh(Umm al-Mu’minīn, versets hijab 33:53, épouse du Prophète 5 H), Hamna (c. 595, épouse Muṣʿab b. ʿUmayr) (transmit hadiths) | Avant la première Hijra, le bloc Jaḥsh embrasse l’islam à La Mecque ; Umayma devient le pivot maternel d’une famille entièrement convertie. Se rejoignent le clan ‘Abd al Muttalib par la mère, le clan de Khadija par le père et un fils hanif, chrétien avant l’Islam |
| Arwā | Période Shiʿb Abī Ṭālib (616-619) : Abū Jahl capture Ṭulayb ; Abū Lahab le libère ; Arwā confronte Abū Lahab qui la réprimande | 1. ʿUmayr b. Wahb b. ʿAbd Manāf (Quṣayy) — mécréant, père de Ṭulayb (né c. 595-600) 2. Arṭāʾ b. Sharḥabīl b. Hāshim, convertipère d’une fille nommé Fatima | Ṭulayb son fils Ṭulayb converti précoce (Dār al-Arqam) ; il défend le Prophète : frappe Abū Jahl d’un os de chameau au Shiʿb, puis frappe ʿUqba b. Abī Muʿayṭ (martyr à Yarmouk ?), Fāṭima | 614-615 : conversion d’Arwā sous l’impulsion de Ṭulayb — « ton frère Ḥamza a embrassé l’islam » ; elle attend de voir ses sœurs ; Ṭulayb la conjure par Dieu d’aller au Prophète → bayʿa et shahāda |
| Umm Ḥakīm al-Bayḍā’ (elle serait jumelle d’Abd Allāh, née juste après lui) | Surnommée al-Bayḍā’ (« la blanche ») | Jāhiliyya : 1er mariage Kurayz b. Rabīʿa b. Ḥabīb b. ʿAbd Shams (ʿAbd Shams) mécréant, tué à Badr ? — naissance de Arwā bt Kurayz, qui épousera ʿUthmān b. ʿAffān b. Abī al-ʿĀṣ b. Umayya | Arwā bt Kurayz,*’Uthmān ibn Kuḍay, ‘Amr | Date incertaine(vécut à La Mecque, conversion probable après l’Hégire) |
| ʿĀtika | veuve, elle vit dans le clan Makhzūm de son mari et de sa mère, Fāṭima bt ʿAmr b. ʿĀʾidh b. ʿImrān b. Makhzūm. 615: sa fille Umm Salama et son gendre Abū Salama (fils de sa tante Barra) émigrent en Abyssinie, car ils sont sans protection. | Abū Umayya ibn al-Mughīra (Makhzūm) — mourut avant l’Islam | Abd Allāh, Zuhayr, Umm Salama (Umm al-Mu’minīn, 1re hijra Abyssinie, 2e hijra Médine, épouse du Prophète 4 H, transmit 378 hadiths, juriste) | Avant l’Hégire ?Ibn Saʿd : « parmi les tantes qui ne vécurent pas l’islam » (لم تدرك الإسلام) → décès probable c. 618-620 – 2 H |
| al-Ghaydāq | Fijār (عمومتي)[6c] ; riche, généreux (ghaydāq = « généreux ») ; peu de postérité ; libéré des dettes par le Prophète | — | — | 8 H/630 (conquête de La Mecque) ; le Prophète régla ses dettes |
| Abū Lahab(Abd al-Uzzā) | Adversaire acharné du Prophète ; Fijār (عمومتي)[6c] ; Hilf al-Fuḍūlparticipant (au début) ; rompit la protection clanique ; maudit dans Sourate al-Masad (111): « Périssent les mains d’Abū Lahab » ; mourut 624 EC (peste) | Umm Jamīl bt Harb (sœur d’Abū Sufyān) — ennemie acharnée du Prophète ; jeta des épines sur son chemin ; maudite dans Sourate al-Masad (111) : « et sa femme, la porteuse de bois » ; mourut mécréante | ‘Utba, Mu’attib(converti à la conquête, transmit hadiths), Durra, ‘Uzzā, Khalida | Jamais converti ; mourut mécréant (kafir) ; seul oncle maudit nommément dans le Coran |
8. Mort et succession (v. 578 EC / 40 av. H.)
Abd al-Muttalib mourut huit ans avant l’Hégire (selon la chronologie commune), soit vers 578 EC, à un âge avancé (plus de 80 ans selon certaines sources). Il fut enterré au cimetière d’al-Hajūn (hors La Mecque, vers Minā). Avant de mourir, il légua la siqāya et la rifāda à son fils al-Zubayr ; à la mort de ce dernier sans postérité mâle, la charge passa à Abū Ṭālib, puis — faute de moyens de ce dernier — à al-Abbās, qui la garda jusqu’à la conquête de La Mecque (8 H), où le Prophète la confirma à al-Abbās et à sa descendance.[15]
Son testament, rapporté par Balādhurī, ordonne : « Enterrez-moi près de la tombe de Uthmān ibn Maẓ’ūn » (premier musulman mort à Médine, avant la construction de la mosquée) — symbole de l’islam des origines.[16]
9. Héritage historique et mémoire
§9.1. Abd al-Muttalib incarne la transition pré-islamique : chef tribal arbitrant les conflits (ḥilf al-muṭayyabīn), restaurateur du culte d’Ibrāhīm (Zamzam, ḥajj), négociateur face à la puissance impériale (Abraha), et ancêtre direct du Prophète. Sa figure structure la généalogie prophétique (Ibn Hishām, Ibn Sa’d, Ṭabarī ouvrent la Sīra par son récit) et la légitimité hachémite (Abbassides, Alides, Idrissides, Fatimides). Cette page permet de voir pourquoi, la dynamique, les alliances scellées, les enfants délimitent déjà la première communauté musulmane. Quand on demandera à Miqdad qui sont les ahl al bayt, il dira : ce sont les Banu ‘Abd al-Muttalib.
§9.2. Les oncles comme milieu éducateur. Après la mort d’Abd al-Muttalib (~578), ses fils al-Zubayr et Abū Ṭālib élevèrent Muhammad. Al-Zubayr l’emmena en voyage commercial au Yémen (~584)[6a] ; Abū Ṭālib en Syrie. Vers 590, tous les fils adultes d’Abd al-Muttalib participèrent à la guerre de Fijār aux côtés de Muhammad (عمومتي, hadith d’Ibn Sa’d)[6c], al-Zubayr commandant les Banū Hāshim à Yawm Shamṭala. Au retour, al-Zubayr initia le Hilf al-Fuḍūl, pacte de protection des opprimés — Muhammad et Hamza le rejoignirent[6b]. Ainsi, les oncles transmirent à Muhammad le savoir-faire caravanier, l’éthique clanique et la solidarité inter-tribale qui devincent les piliers de sa prédication.
§9.3. La descendance d’Abd al-Muttalib comme noyau de la première communauté. Les oncles et tantes du Prophètes, et leurs époux et enfants forment une base solide autour du Prophète. Les enfants de sa seconde femme Hāla bt Wahb (Zuhra, cousine d’Amina, la mère de Muhammad), qui ont l’age du Prophète vont directement participer : Ṣafiyya mariée au clan Asad de Khadija, Hamza qui se convertit très tot. Al Abbas et Abu Talib, vont très probablement masquer leur conversation pour protéger le clan. Leurs épouses en tout cas, Fāṭima bint Asad et Lubaba al-Kubra sont dans les toutes premières converties. Les petits enfants dont Ali et Al-Zubayr ibn al-ʿAwām sont des tous premiers convertis. Jaffar, ainsi que Umm Salama et Abu Salama (enfants des tantes mariées dans le clan Makzhum) sont la base de l’émigration en Abyssinie. La tante Ummayma et ses enfants.
§9.4. Les alliances ont une forte importance sur la suite et la formation de la première communauté musulmane. L’alliance avec Khuzā’a sécurisait la route caravanière vers le Yémen. La mère de Saʿīd fils du hanif Zayd, est Khuzaa. Tout comme celle de al-Arqam b. Abī al-Arqam et de ʿUthmān b. Maẓʿūn. L’alliance avec les Banu Zuhra apporte aussi son lot de premiers convertis : ʿAbd al-Raḥmān b. ʿAwf, Saʿd b. Abī Waqqāṣ, Miqdād b. ʿAmr al-Bahrānī, Khabbāb b. al-Aratt, ʿAbd Allāh b. Masʿūd. Elles oriente aussi vers le commerce yéménite, couplé à la protection des khuzā’a. Hind bint Awf al-Himyariyya, d’origine sud-arabe, comme ses maris, forma un réseau matrimonial qui perdura dans la génération suivante : les filles issues des Banū Khath’am (Asmā’** et Salmā bint Umays) épousèrent Ja’far et Ḥamza b. ‘Abd al-Muṭṭalib. Le fils de Hind Maḥmiyah ibn Juz’ al-Zubaydī devint trésorier du khums de l’État islamique.[8a][8b][8c][8d] Ces mariages yéménites — Himyar, Zubayd — expliquent la capacité de Muhammad à mobiliser l’axe sud-arabe après l’Hégire. Abû Mûsâ al-Ash’arî (‘Abd Allâh b. Qays) — de la tribu yéménite des Banû Ash’ar, et Miqdād b. ʿAmr al-Bahrānī viennent du Yemen. L’alliance Khuzā’a elle-même fut invoquée par le Prophète à Ḥudaybiyya (6 H) comme casus belli pour la conquête de La Mecque (8 H). Cette reconfiguration des alliances mecquoise va ammener la transformation des Muttayabun au hilf al-fudhul, pacte issu pour protéger un marchand yéménite, et aussi préserver l’accès au commerce avec le Yemen pour les tribues moins puissantes.
§9.6 La dynamique lancée par ‘Abd al-Muttalib, les enfants, les alliances, la direction vers le Yemen est un facteur générant la première communauté. On voit l’importance du grand-père sur Muhammad, futur Prophète de l’Islam.
Notes de bas de page
[1]: Ibn Sa’d, I/111-116 (naissance, nom Shayba, mère Salmā, oncle al-Muttalib) ; Balādhurī, I/130-131 (généalogie complète, nom Shayba) ; Ṭabarī (Dār al-Ma’ārif, vol. II, pp. 133-135 ; naissance, nom) ; Caetani, I, p. 283, §260 (chronologie, nom).
[2]: Ibn Sa’d, I/111 (père Hāshim mort à Gaza avant/après naissance) ; Balādhurī, I/107-108 (mort de Hāshim à Gaza, commerce) ; Ṭabarī (Beyrouth, suppl., pp. 689-691 ; voyage de Hāshim, mort à Gaza).
[3]: Ibn Sa’d, I/112-113 (récit détaillé : al-Muttalib vient à Yathrib, Salmā refuse, serment, entrée à La Mecque, confusion « Abd al-Muttalib ») ; Balādhurī, I/131-132 (même récit) ; Ṭabarī (Dār al-Ma’ārif, vol. II, pp. 135-136).
[4]: Ibn Sa’d, I/113-114 (siqāya, rifāda, citernes, discours aux jours du hajj) ; Balādhurī, I/133-134 (organisation de la siqāya) ; Wāqidī (Oxford, vol. III, p. 878 ; Zamzam portée à Arafāt).
[5]: Ibn Sa’d, I/115-116 (description physique : taille, teint, beauté, générosité, hilm, honneur des rois) ; Balādhurī, I/136 (même description) ; Ṭabarī (Dār al-Ma’ārif, vol. II, p. 138 ; éloge).
[5a]: Wāqidī (Oxford, vol. II, p. 827 ; texte complet de l’alliance : « بسمك اللهم هذا حلف عبد المطلب بن هاشم لخزاعة ») ; Hamidullah, Le Prophète de l’Islam, T. I, pp. 42-43 (traduction et analyse) ; Balādhurī, I/… (généalogie Khuzā’a = Azd yéménite) ; Ṭabarī, II/… (invocation de l’alliance à Ḥudaybiyya).
[5b]: Hamidullah, T. I, pp. 35-45 (contexte commercial du ilāf hivernal : route Yémen/Abyssinie sécurisée par l’alliance) ; Kister, « The Market of the Prophet », JSAI 10 (1987), 65-96 (rôle économique des Hāshimites, relais khuzā’ites).
[5c]: Wāqidī (Oxford, vol. II, p. 827 ; Khuzā’a à al-Ḥudaybiyya et Mar al-Ẓahrān = relais caravanières) ; Landau-Tasseron, « The History of the Ḥajj before Islam », Arabica 54/2 (2007), 158-195 (Zamzam, siqāya, routes commerciales).
[5d]: Wāqidī (Oxford, vol. II, p. 827 ; halte commerciale maḥall à al-Ḥudaybiyya) ; Ṭabarī, II/… (conquête de La Mecque : bannière khuzā’ite propre).
[5e]: Wāqidī (Oxford, vol. II, p. 827 ; Prophète lit le document d’alliance apporté par Budayl ibn Waraqā’ et ‘Amr ibn Sālim) ; Ṭabarī, II/… (contexte Ḥudaybiyya : attaque de Khuzā’a par Quraysh = violation du traité) ; Ibn Hishām, Sīra, §… (négociations de Ḥudaybiyya).
[6]: Ibn Sa’d, I/113 (rêves successifs : Ṭayba, Barra, al-Madnūna, Zamzam ; indication corbeau) ; Balādhurī, I/134-135 (détail des noms et de l’indication) ; Ṭabarī (Dār al-Ma’ārif, vol. II, pp. 136-137) ; Wāqidī (Oxford, vol. III, p. 1156 ; creusement, corbeau).
[6a]: Caetani (Hoepli, vol. II/2, p. 875), Intr. 102 n. 2 : « al-Zubayr b. ‘Abd al-Muttalib… conduce con sé nel Yaman, per viaggio di commercio, il giovanetto Maometto » (al-Zubayr emmène le jeune Muhammad au Yémen). Ibn Qutayba, Durayd, Mas’ūdī cités par Caetani.
[6b]: Balādhurī, II/277-279 [lignes 44923-44969] : al-Zubayr « أول من تكلم في حلف الفضول ودعا إليه » (premier à parler du Hilf al-Fudūl et à y convoquer). Marchand des Banū Zubayd (Yémen). Balādhurī, II/281 [ligne 45025] : hadith de Muhammad « شهدت في دار عبد الله بن جدعان من حلف الفضول ». Balādhurī I:45019 : hadith d’Ibn Abbās « عمومتي » (mes oncles, incluant Hamza) confirme la participation de Hamza (âge ~22 ans en 590 EC).
[6c]: Guerre de Fijār (~590 EC). Balādhurī, Ansāb, [lignes 6437-6444] : « وعلى بنى هاشم : الزبير بن عبد المطلب » (al-Zubayr commandait les Banū Hāshim à Yawm Shamṭala). Ibn Sa’d, Ṭabaqāt, [lignes 4730-4732] : hadith du Prophète « قد حضرته مع عمومتي ورميت فيه بأسهم » (je l’ai vécu avec mes oncles paternels et y ai tiré des flèches). Âge de Muhammad : 20 ans (Ibn Sa’d). Fijār = 20 ans après l’Année de l’Éléphant (~590 EC). Tous les fils adultes d’Abd al-Muttalib vivants en 590 EC (al-Zubayr, Abū Ṭālib, Hamza, al-Abbās, al-Muqawwim, al-Ghaydāq, Abū Lahab) sont inclus dans le عمومتي.
[7]: Ibn Sa’d, I/113-114 (tirage au sort, gazelles à la Ka’ba, épées, clé en or) ; Balādhurī, I/135 (répartition) ; Ṭabarī (Dār al-Ma’ārif, vol. II, p. 137).
[8]: Ibn Sa’d, I/114 (siqāya désormais à Zamzam, Abd al-Muttalib porte l’eau à Arafāt) ; Wāqidī (Oxford, vol. III, pp. 878-879 ; confirmation) ; Balādhurī, I/136.
[8a]: Balādhurī, II/82 [ligne 39487] : « هند بنت عوف الخميرية » (Hind bint Awf al-Himyariyya). Ibn Sa’d, I/158865 : « هند بنت عوف بن زهير بن الحارث بن حماطة بن جرش » (généalogie himyarite). Caetani, [ligne 763648] : « Hind bint ‘Awf al-Kinàniyyah o al-Himyariyyah ». Ibn Sa’d, [lignes 52182-52206] : Maḥmiyah ibn Juz’ al-Zubaydī (fils de Hind × al-Jāz’ī des Banū Zubayd).
[8b]: Balādhurī, II/82 [lignes 39496-39521] : Asmā’ bint Umays épouse Ja’far, Salmā bint Umays épouse Shaddād après Ḥamza ; Balādhurī, IV/378 [ligne 68983] : Umāma bt Ḥamza, sa mère Salmā bt Umays al-Khath’amiyya.
[8c]: Ibn Sa’d, [ligne 89521] : « حمل معه امرأته أسماء بنت عميس الخثعمية » (Ja’far émigra en Abyssinie avec sa femme Asmā’ bt Umays al-Khath’amiyya). Balādhurī, IV/378 (Umāma bt Ḥamza).
[8d]: Ibn Sa’d, [lignes 52182-52206] : Maḥmiyah ibn Juz’ al-Zubaydī — conversion, hijra en Abyssinie, trésorier du khums. Caetani, [ligne 583796] : « Mahmiyah b. Gaz al-Zubaydi ».
[9]: Ṭabarī (Dār al-Ma’ārif, vol. II, pp. 133-135 ; récit complet : 200 chameaux pris, montée au camp, dialogue) ; Ibn Sa’d, I/114-115 (version résumée) ; Balādhurī, I/137-138 (dialogue avec Abraha) ; Caetani, I, p. 283-285, §260-261 (analyse critique).
[10]: Ṭabarī (Dār al-Ma’ārif, vol. II, p. 134 ; dialogue : « je suis le seigneur des chameaux, la Maison a son Seigneur ») ; Balādhurī, I/138 (Abraha descend du trône, s’assoit sur le tapis) ; Ibn Sa’d, I/115.
[11]: Ṭabarī (Dār al-Ma’ārif, vol. II, pp. 135-136 ; éléphant refuse d’avancer, abābīl, pierres, mort d’Abraha) ; Ibn Sa’d, I/115 (résumé) ; Caetani, I, p. 285-286 (chronologie, historicité).
[11a]: Ibn Isḥāq (via al-Thaʿlabī, ʿArāʾis al-Majālis fī Qiṣaṣ al-Anbiyāʾ, trad. W. M. Brinner, Lives of the Prophets, Studies in Arabic Literature 24, 2002, pp. 733–744) : « ʿAbd al-Muttalib went to Abraha with ʿAmr b. Maʿdī Karib b. al-Duʾil b. Bakr b. ʿAbd Manāf b. Kinānah, who was at that time Chief of the Banū Kinānah, and Khuwaylid b. Wāthilah al-Hudhalī, Chief of Hudhayl, and offered Abraha a third of the goods of Tihāmah if he would withdraw… but he refused to withdraw. »
[11b]: Sayf ibn Dhī Yazan et la délégation quraychite. Ṭabarī, Tārīkh, pp. 2155–2169 (libération du Yémen par les Perses). Ibn al-Jawzī, al-Muntaẓam, II, 276 (délégation : ʿAbd al-Muṭṭalib, Umayya b. ʿAbd Shams, ʿAbd Allāh b. Judʿān, Khuwaylid b. Asad, Wahb b. ʿAbd Manāf). Statut : semi-légendaire (Ṭabarī narre la libération mais pas la délégation). Ibn Ḥabīb, al-Munammaq (confirme la présence d’Ibn Judʿān dans la délégation). Cf. yemenite-connection.md §(e).
[12]: Ibn Sa’d, I/114 (vœu, dix fils, tirage au sort sur Abd Allāh) ; Balādhurī, I/136-137 (même récit) ; Ṭabarī (Dār al-Ma’ārif, vol. II, pp. 137-138) ; Wāqidī (Oxford, vol. I, pp. 114-115 ; noms des dix fils).
[13]: Ibn Sa’d, I/114-115 (kāhina, progression 10→100 chameaux, rachat, diya) ; Balādhurī, I/137 (même récit, origine de la diya à 100 chameaux) ; Ṭabarī (Dār al-Ma’ārif, vol. II, p. 138) ; Caetani, I, p. 286-287 (juridique).
[14a]: Ibn Sa’d, Ṭabaqāt, [lignes 3495-3496] : « فرجع عبد المطلب زوج هالة بنت وهيب بن عبد مناف بن زهرة وزوّج ابنه عبد الله آمنة بنت وهب بن عبد مناف بن زهرة » (double mariage). Ibn Sa’d, [ligne 3680] : « هالة بنت وهَيْب بن عبد مناف بن زهرة بن كلاب ; وأتها العَيَلة بنت المطلب بن » (mère de Hālah = al-‘Aylah bt al-Muttalib).
[14b]: Caetani (Hoepli, vol. I, pp. 142-144), Intr. §104 : « Abd al-Muttalib si univa in matrimonio con Hàlah bint Wuhayb b. ‘Abd Manaf e i due connubi vennero celebrati allo stesso tempo » (les deux mariages célébrés en même temps). Ibn Sa’d, [lignes 3495-3496] (même récit).
[14c]: Ibn Sa’d, I/115 (mariage Abd Allāh-Āmina, mort à Yathrib, naissance Muhammad Année de l’Éléphant) ; Balādhurī, I/138-139 ; Ṭabarī (Dār al-Ma’ārif, vol. II, pp. 138-139) ; Caetani, I, p. 287-288 (datation).
[15]: Ibn Sa’d, I/116 (testament à al-Zubayr, puis Abū Ṭālib, puis al-Abbās ; confirmation prophétique) ; Balādhurī, I/139-140 (suite des charges) ; Ṭabarī (Dār al-Ma’ārif, vol. II, pp. 139-140) ; Wāqidī (Oxford, vol. III, p. 884 ; al-Abbās confirme la siqāya).
[16]: Balādhurī, I/140 (testament : « près de la tombe d’Uthmān ibn Maẓ’ūn ») ; Ibn Sa’d, I/116 (même testament).
[17] Taoufiq Bourou, Tārīkh al-ʿArab al-Qadīm, Damas, Dār al-Fikr, 2011, 3e éd., 331 p., p. 175 (épisode de la munāfaraHāshim–Umayya : 50 chamelles, exil de 10 ans, kāhin de Khuzā’a comme juge). Bourou s’appuie ici sur les sources classiques : Ibn Hishām, Sīra ; Abū al-Faraj al-Iṣfahānī, al-Aghānī ; Ibn ʿAbd Rabbih, al-ʿIqd al-Farīd ; al-Ṭabarī, Tārīkh ; Ibn al-Athīr, al-Kāmil ; Ibn al-Kalbī, al-Aṣnām (Bourou, bibliographie, p. 331 de l’ouvrage ; et p. 175 de l’éd. citée).
- [17a] Attestation indépendante de la munāfara Hāshim–Umayya : al-Ṭabarī, Tārīkh I (éd. Ibrāhīm, vol. II, p. 2276 ; extrait, l.112200-112205 de l’extraction) — Umayya « نال من هاشم ودعاه إلى المنافرة », enjeu 50 chamelles + exil 10 ans, juge = kāhin ; Ibn Saʿd, al-Ṭabaqāt (extrait, l.3180-3191), même tradition, renvoyant explicitement à Balādhurī AnsābI, p. 80 et à Ṭabarī.
[18] Mahmood Ibrahim, « Social and Economic Conditions in Pre-Islamic Mecca », International Journal of Middle East Studies 14/3 (1982), pp. 345–355 (DOI 10.1017/S0020743800051977) ; Mahmood Ibrahim, Merchant Capital and Islam, University of Texas Press, 2014 (ISBN 978-0-292-76772-0). Sources premières citées par Ibrahim pour le contexte de §5.1 :
- [18a] Scission Mutayyabūn/Ahlāf et attribution de la siqāya/rifāda : Ibn Hishām, Sīra I, 120–125 ; Ibn Ḥabīb al-Baghdādī, al-Munammaq fī Akhbār Quraysh, pp. 42, 222, 331–332 ; Ibn al-Athīr, al-Kāmil II, 22 ; W. Montgomery Watt, Muhammad at Mecca, p. 11.
- [18b] Différend Umayya–Zuhra (maison Dār Ṣafwān) : Ibn Ḥabīb, al-Munammaq, pp. 40ff ; al-Azraqī, Akhbār Makka, p. 453.
- [18c] Harb ibn Umayya vs ʿAbd al-Muttalib et réalignement des factions. La cause en est, chez Ibn Ḥabīb (al-Munammaq), le meurtre du marchand juif ʿUdhayna (protégé / jīwār d’ʿAbd al-Muttalib) ; mêmes sources pour l’épisode : Balādhurī, Ansāb I, 73 ; Ibn al-Athīr, al-Kāmil II, 15. Variante de la cause : al-Ṭabarī (Tārīkh I, ~vol. II p. 2276 ; extrait, l.112209-112216) ne mentionne pas ʿUdhayna et rapporte une munāfara ʿAbd al-Muttalib–Harb portée devant le Negus d’Abyssinie, qui décline et désigne Nufayl b. ʿAbd al-ʿUzzā (grand-père d’ʿĀʾisha) comme arbitre (décision contre Harb) — la querelle y est une rivalité de prestige, non un meurtre. Balādhurī (Ansāb I, ~l.5028) confirme l’existence de cette munāfara en citant un vers d’al-Arqam b. Nuḍāla (« تنافر عبد المطلب ودرب [=حرب] بن أمية »). Le conflit est donc solidement attesté ; seule la cause (ʿUdhayna) est propre à Ibn Ḥabīb.
- [18d] Munāfara ʿAbd al-Muttalib–Nawfal (al-Arkah) et alliance avec Khuzā’a (Dār al-Nadwa, scellée par le mariage de Ḥayla bt Hāshim, sœur d’ʿAbd al-Muttalib, avec al-Aḥjam ibn Dindina al-Khuzā’ī) : Ibn Ḥabīb, al-Munammaq, pp. 130ff ; Balādhurī, Ansāb al-Ashrāf I (~69–71) ; Ibn al-Athīr, al-Kāmil II, 11 ; al-Ṭabarī, Tārīkh II, 248 (qui doute le lien avec les Banu al-Najjār). L’alliance elle-même est aussi attestée par Wāqidī, al-Maghāzī (texte du pacte, voir [18e]).
- [18e] Pacte ʿAbd al-Muttalib–Khuzā’a (citation directe) : Wāqidī, al-Maghāzī (éd. Jones ; extrait, l.32575-32585 de l’extraction) : « كانت خزاعة حلفاء لعبد المطلب » et texte même du pacte : « هذا حلف عبد المطلب بن هاشم لخزاعة… إن بيننا وبينكم عهود الله وعقوده ». Meilleure attestation primaire de l’alliance (le pacte est conservé).
Bibliographie
Traditionelle
- Ṭabarī — Tārīkh al-Rusul wa-l-Mulūk, éd. Muḥammad Abū al-Faḍl Ibrāhīm, 2e éd., Le Caire : Dār al-Ma’ārif, s.d. 10 vol. + index.
- Ibn Sa’d — al-Ṭabaqāt al-Kabīr, Beyrouth : Dār Ṣādir, s.d. 11 ajzā’.
- Balādhurī — Ansāb al-Ashrāf, Le Caire / Beyrouth : Dār al-Ma’ārif / Mu’assasat al-Ma’ārif, s.d. 13 vol.
- Wāqidī — al-Maghāzī, éd. Marsden Jones, Londres : Oxford University Press, 1966.
Académique
- Caetani, Leone — Annali dell’Islam, Milan : Ulrico Hoepli, 1905–1926. 8 vol. (vol. I, pp. 280-290 sur Abd al-Muttalib).
- Hamidullah, Muhammad — Le Prophète de l’Islam, T. I : Sa vie, Paris : Maisonneuve, 1959 (pp. 35-45 sur Abd al-Muttalib).
- Ibrahim, Mahmood — « Social and Economic Conditions in Pre-Islamic Mecca », IJMES 14/3 (1982), pp. 345–355 ; Merchant Capital and Islam, Austin : University of Texas Press, 2014.