‘Ammār b. Yāsir (m. 37 H / 657 EC)

Abū al-Yaqẓān — ‘Ammār b. Yāsir b. ‘Āmir b. Mālik b. Kināna b. Qays b. al-Khuṣīn b. al-Wadhīm b. Tha’laba b. ‘Awf b. Hāritha b. ‘Āmir al-Akbar b. Yām b. ‘Ans, de la tribu yéménite des Madhḥij(généalogie remontant à Qaḥṭān). Confédéré (ḥalīf) des Banū Makhzūm de Quraysh. Sa mère est Sumayya bt. Khabbāṭ, ancienne mawlā d’Abū Hudhayfa b. al-Mughīra b. ‘Abd Allāh b. ‘Umar b. Makhzūm — première martyre de l’islam, tuée par Abū Jahl à La Mecque. Né à La Mecque en servitude (affranchi par Abū Hudhayfa), mort le 22 Ṣafar 37 H / juillet 657 EC à la bataille de Siffīn (Syrie), à l’âge de 94 ans (ou 91 selon une variante). Enterré sur le champ de bataille, sans tombe — par testament.[1]

Première génération des persécutés mecquois — ces Compagnons sans clan, torturés sur la ramḍā’ par les Banū Makhzūm. Quatre versets du Coran furent révélés à son sujet ou à celui de sa famille. Compagnon inséparable du Prophète (Badr, Uḥud, Khandaq, toutes les batailles), gouverneur de Kūfa sous ‘Umar, partisan acharné d’’Alī à Siffīn où il mourut en martyr. Le Prophète avait prédit, près de trente ans plus tôt, « Ô Ibn Sumayya, c’est une faction rebelle qui te tuera » — hadith devenu l’un des plus commentés de l’islam sunnite comme shiite.


1. Origines yéménites et alliance mecquoise

‘Ammār appartenait, par son père Yāsir, à une famille yéménite des Banū Madhḥij. Yāsir b. ‘Āmir, ses deux frères Hārith et Mālik, partirent du Yémen vers La Mecque « en quête d’un frère » (ṭalab akh) qui s’était perdu. Hārith et Mālik rentrèrent au Yémen ; Yāsir resta à La Mecque, s’allia (ḥālafa) à Abū Hudhayfa b. al-Mughīra b. ‘Abd Allāh b. ‘Umar b. Makhzūm, l’un des notables des Banū Makhzūm. Abū Hudhayfa lui donna en mariage son ancienne mawlā Sumayya bt. Khabbāṭ, qui enfanta ‘Ammār ; Abū Hudhayfa l’affranchit.[2]

Yāsir, Sumayya et ‘Ammār restèrent attaches de la maison d’Abū Hudhayfa jusqu’à la mort de ce-ci. La famille comptait aussi ‘Abd Allāh b. Yāsir (frère d’‘Ammār) et un frère aîné, Khurayth b. Yāsir, tué par les Banū Dīl en jāhiliyya.[3] Après la mort de Yāsir, Sumayya épousa al-Azraq — un ancien esclave d’al-Ḥārith b. Kalada al-Thaqafī, affranchi au Ṭā’if par le Prophète — qui lui donna Salama b. al-Azraq, demi-frère utérin d’’Ammār.[3]

Le statut d’’Ammār — yéménite sans clan mecquois, fils d’une affranchie, allié (et non parent) des Makhzūm — le plaçait dans la frange la plus vulnérable des convertis : les mustaḍ’afūn, ceux « sans ‘ashīra, sans man’a, sans force », dont Quraych se moquait en disant : « Dieu a favorisé ceux-ci parmi nous ! »[4]


2. La conversion à Dār al-Arqam

‘Ammār fut, selon la liste d’Ibn Sa’d, le ~30e converti de l’islam. La scène est rapportée par plusieurs chaînes concordantes :

‘Ammār raconta : « Je rencontrai Ṣuhayb b. Sinān à la porte de Dār al-Arqam — le Prophète était à l’intérieur. Je lui dis : “Que veux-tu ?” — “Et toi, que veux-tu ?” — “Je veux entrer voir Muḥammad et entendre sa parole.” — “Moi aussi.” Nous entrâmes ; il nous présenta l’islam, nous nous convertîmes. Nous restâmes le jour entier cachés, puis sortîmes à la nuit, discrets. »[5]

Le Prophète demeurait alors chez al-Arqam b. Abī al-Arqam, près de la Ka’ba. Les premiers convertis — Abū Bakr, Bilāl, Khabbāb, Ṣuhayb, ‘Ammār, ‘Āmir b. Fuhayra, Abū Fukayha, Yāsir, Sumayya — s’asseyaient autour de lui à la mosquée, et les Quraych se moquaient : « Voici ses compagnons, comme vous le voyez : Dieu les a favorisés parmi nous ! »[4] Coran 6:53 fut révélé : « N’avons-Nous pas favorisé certains d’entre eux sur d’autres ? » Et Coran 6:27, 29:10, 28:5 en référence aux persécutés.

La famille entière d’’Ammār se convertit ensemble — Yāsir, Sumayya, ‘Ammār, ‘Abd Allāh — tandis que Muḥammad résidait encore à Dār al-Arqam. Caetani souligne qu’’Ammār se convertit « le même jour que Suhayb », vers le cinquième an de la mission prophétique (~615 EC), et qu’il était « ḥalīf des Banū Makhzūm ».[6]

2.1 Les sept premiers musulmans

Le hadith canonique sur les premiers convertis est rapporté par ʿAbdullāh ibn Masʿūd dans Sunan Ibn Mājah (Livre de la Sunna, Chapitre : Vertus de Bilāl, hadith 150) :

Arabic : كَانَ أَوَّلَ مَنْ أَظْهَرَ الْإِسْلَامَ سَبْعَةٌ : رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَأَبُو بَكْرٍ، وَعَمَّارٌ، وَأُمُّهُ سُمَیَّةُ، وَصُهَيْبٌ، وَبِلَالٌ، وَالْمِقْدَادُ. وَقَدْ وَقَى اللَّهُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِعَمِّهِ أَبِي طَالِبٍ، وَوَقَى أَبَا بَكْرٍ بِقَوْمِهِ…

Traduction : « Les premiers à manifester l’islam publiquement furent sept : le Messager d’Allah, Abū Bakr, ʿAmmār, sa mère Sumayya, Ṣuhayb, Bilāl et al-Miqdād. Allah a protégé le Messager d’Allah par son oncle Abū Ṭālib. Allah a protégé Abū Bakr par son clan… »

Ce hadith confirme la conversion très précoce d’’Ammār, de sa mère Sumayya (première martyre), de Ṣuhayb (compagnon de conversion à Dār al-Arqam), de Bilāl et de Miqdād — formant le noyau des mustaḍʿafūn mecquois.[46]

2.2 « Je vis le Prophète avec cinq esclaves, deux femmes et Abū Bakr »

ʿAmmār ibn Yāsir lui-même rapporte dans Ṣaḥīḥ al-Bukhārī (Livre 63, Hadith 82 / Vol. 5, Livre 58, Hadith 197, n° 3857) :

Arabic : رَأَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَمَا مَعَهُ إِلَّا خَمْسَةُ أَعْبُدٍ وَامْرَأَتَانِ وَأَبُو بَكْرٍ

Traduction : « J’ai vu le Messager d’Allah, et il n’était avec lui que cinq esclaves, deux femmes et Abū Bakr al-Ṣiddīq. »

Ce témoignage oculaire place ʿAmmār au cœur du tout premier cercle médinois, aux côtés des plus vulnérables (esclaves, femmes) et d’Abū Bakr, avant que l’islam ne gagne en visibilité tribale.[47]


3. La persécution — mort de Sumayya (première martyre)

3.1 La ramḍā’ et les Banū Makhzūm

Les Banū Makhzūm — qui avaient affranchi ‘Ammār et donné Sumayya à Yāsir — se retournèrent contre eux. Chaque jour, ils conduisaient la famille Yāsir sur la colline de al-Ramḍā’ (la « brûlée », terrain pierreux brûlant sous le soleil de midi) et les torturaient aux heures les plus chaudes pour les faire abjurer.[7]

Caetani décrit : « Chaque jour les Banū Makhzūm conduisaient ‘Ammār b. Yāsir et ses parents sur la colline de ramḍā’ près de La Mecque et les soumettaient à divers tourments pendant les heures les plus brûlantes. Un jour Maometto passa près d’eux et les réconforta par sa parole à résister et à souffrir dans la certitude d’une récompense dans la vie future. »[7]

3.2 La mort de Sumayya

Ibn Sa’d et Balādhurī rapportent le récit dans sa version la plus connue :

Le Prophète passa près d’eux alors qu’ils étaient torturés et dit : « Patience, Āl Yāsir, votre rendez-vous est le Paradis » (ṣabran āl yāsir, fa-inna maw’idakum al-janna). Yāsir mourut sous la torture. Sumayya s’insulta contre Abū Jahl ; celui-ci, dans un accès de rage, la transperça au bas-ventre (ṭa’anahā fī qiblihā) et la tua.[8]

Sumayya est ainsi la première martyre de l’islam — avant même les hommes morts à Badr. Caetani, citant al-Khamis, confirme : « elle mourut des tourments infligés pour qu’elle renie l’islam, et comme elle refusa, abu Gahl dans un élan de colère lui transperça le cœur et la tua. »[9]

3.3 ‘Ammār contraint de blasphémer — Coran 16:106

‘Ammār, lui, résista mais finit par céder sous la torture. Ibn Sa’d rapporte :

Les idolâtres saisirent ‘Ammār et ne le lâchèrent qu’après qu’il eut blasphémé le Prophète et loué leurs idoles. Il vint au Prophète, qui lui demanda : « Comment trouves-tu ton cœur ? — En paix dans la foi (muṭma’innun bi-l-īmān). — S’ils récidivent, récidive. »[10]

Coran 16:106 fut révélé : « Quiconque renie Dieu après avoir cru — sauf celui qui est contraint tandis que son cœur est en paix dans la foi… » — c’est ‘Ammār.[11] Quant au verset 16:108 (« et celui dont Dieu a élargi la poitrine à la mécréance »), c’est ‘Abd Allāh b. Abī Sarḥ, l’apostat.

D’autres versets furent révélés pour ‘Ammār et les persécutés :

  • Coran 29:10 : « parmi les gens, il est celui qui dit : nous croyons en Dieu ; s’il est éprouvé pour sa foi… » — ‘Ammār.[12]
  • Coran 39:9 : « Est-il celui qui se dévoue prostré qānit la nuit, prosterné, redoutant l’au-delà… » — ‘Ammār, selon Ibn ‘Abbās.[13]
  • Coran 28:5 : « Nous voulons favoriser ceux qui furent opprimés sur terre et faire d’eux des imāms et des héritiers » — ‘Umar justifia sa nomination d’’Ammār comme gouverneur par ce verset.[14]

3.4 « Le Paradis aspire à trois »

Le Prophète dit un jour : « Le Paradis aspire à trois : ‘Alī, ‘Ammār, Bilāl. »[15] — formule devenue proverbiale dans le fiḍā’il des premiers Compagnons.


4. L’exil en Abyssinie

D’après Ṭabarī — qui cite « toutes les sources que j’ai mentionnées » — ‘Ammār émigra en Abyssinie lors de la première hijra (~615-616 EC), parmi les premiers Compagnons qui fuirent les persécutions mecquoises vers le royaume chrétien du Négus.[16] Les musulmans sans protection, dont ceux qui ne font pas partie d’une tribue du pacte Hilf-al-fudhul, sont envoyés en Abyssinie, car ils sont plus vulnérables, les Quraysh les attaquent sans peur de rétribution. C’est l’un des rares Compagnons à avoir fait la hijra en Abyssinie et à Médine.


5. Médine — le Prophète et le combat des djinns

À Médine, ‘Ammār logea d’abord chez Kulthūm b. al-Mundhir. Le Prophète lui donna un terrain pour sa maison.[17]

Il participa à Badr, Uḥud, Khandaq et toutes les batailles. Le récit le plus célèbre de cette période est son combat contre un démon (ou djinn) : ‘Ammār raconta avoir combattu, avec le Prophète, à la fois les hommes et les djinns. Un jour qu’il puisait de l’eau, un djinn noir comme du cuir tanné l’attendit à la source et le provoqua ; ‘Ammār le terrassa trois fois de suite, lui brisa le nez et le visage avec une pierre. Le Prophète l’informa que c’était un démon.[18]

5.1 Khandaq — prédiction de la mort d’’Ammār

Au siège de Khandaq (an 5 H / 627), les musulmans creusaient la tranchée. ‘Ammār portait des briques cuites au soleil, chargé plus que sa force. Il se plaignit au Prophète :

« Ô prophète de Dieu ! ils veulent me tuer, ils me chargent plus que je ne peux porter ! » Le Prophète, passant la main dans sa chevelure épaisse, répondit : « Hélas, Ibn Sumayya, ce ne seront pas eux tes meurtriers ; mais une faction rebelle (fī’a bāghiya) te tronquera la vie ! »[19]

Ce hadith, rapporté par Hishām (p. 337) et cité par Caetani[19] avec la note « la tradition (apocryphe) allude à la mort d’‘Ammār à la bataille de Siffīn », est devenu l’un des piliers de la légitimité d’’Alī contre Mu’āwiya.

Un autre épisode de Khandaq : ‘Ammār, en répétant un vers, offensa un ouvrier qui voulut le frapper à coups de bâton. Le Prophète intervint : « ‘Ammār m’est cher comme la peau entre mes yeux et mon nez ! » (inna ‘Ammār ahabbu ilayya ka-habīlati mā bayn ‘aynay wa-anfī).[19]

Un jour, un mur de la tranchée s’effondra sur ‘Ammār ; on le crut mort. Le Prophète : « ‘Ammār n’est pas mort — il sera tué par une faction rebelle. »[20]

5.2 Election d’Abu Bakr — les enjeux

A l’élection d’Abū Bakr après la mort du Prophète, ‘Ammār avait fait partie des onze Compagnons qui refusèrent de le reconnaître, selon Ya’qūbī (cité par Caetani) : ‘Alī b. Abī Ṭālib, al-‘Abbās b. ‘Abd al-Muṭṭalib, al-Faḍl b. al-‘Abbās, al-Zubayr b. al-‘Awwām, Khālid b. Sa’īd, al-Miqdād b. ‘Amr, Salmān al-Fārisī, Abū Dharr al-Ghifārī, ‘Ammār b. Yāsir, al-Barā’ b. ‘Āzib, Ubayy b. Ka’b.[29] Caetani ajoute, d’après Mas’ūdī : « aucun des Banū Hāshim ne reconnut Abū Bakr avant la mort de Fāṭima. »

Pourquoi ‘Ammār s’opposa-t-il ? La réponse tient au croisement de son statut social et de la nature du coup de force de la Saqīfa.

Une élection — trois exclus. Le 13 Rabī’ I 11 H (8 juin 632), le Prophète venait à peine d’être enterré que les Anṣār se rassemblèrent à Saqīfat Banī Sā’ida pour élire un chef. ‘Umar, Abū Bakr et Abū ‘Ubayda intervinrent précipitamment, écartant à la fois (1) les Anṣār — qui voulaient Sa’d b. ‘Ubāda — et (2) les Hāshimites, clan du Prophète — qui préparaient l’enterrement et dont ‘Alī était le candidat naturel.[29] La prise du pouvoir, une solution d’urgence (faltah) imposée en quelques heures par des hommes énergiques, non par consensus communautaire.

Pour les mustaḍ’afūn, Abū Bakr signifiait le retour de l’aristocratie qurayshite. ‘Ammār, fils d’une affranchie, Yéménite sans clan mecquois, ḥalīf des Makhzūm qui l’avaient torturé — devait sa survie sociale à l’islam seul, non à une tribu. Abū Bakr représentait le parti de la continuité qurayshite : un retour à l’ordre tribal où des hommes comme ‘Ammār — sans ‘ashīra, sans man’a — comptaient pour rien. Le parti opposé, celui des « légitimistes » autour d’’Alī, promettait au contraire que la valeur islamique primerait sur le sang.

La fracture Hāshim / non-Hāshim. La liste des onze est presque superposable à celle des premiers convertis « sans clan » — Bilāl, Ṣuhayb, Khabbāb — ou des Hāshimites directs. Ils formaient le noyau de ceux que le Coran appelait « les opprimés » (mustaḍ’afūn, 28:5). ‘Ammār, Salmān, al-Miqdād, Abū Dharr : ces quatre noms reviendront ensemble dans toute l’histoire du premier islam, symbole d’une contre-élite spirituelle que le pouvoir tribal n’avait pas intégrée. Leur opposition à Abū Bakr n’était pas un caprice personnel — c’était la question de savoir si l’islam serait une révolution sociale ou une simple reconfiguration des hiérarchies tribales.

L’enjeu à long terme. Cette fracture ne se referma jamais. ‘Ammār la porta en lui jusqu’à Siffīn, où il tomba en combattant pour ‘Alī contre Mu’āwiya. Le hadith de Khandaq — « ce ne seront pas eux tes meurtriers, mais une faction rebelle » — prenait alors son sens : l’opposition de 11 H était la racine ; Siffīn en fut le fruit. Il ne s’agissait pas de « motifs personnels » — il y allait du sens même de la communauté.[29]

L’opposition d’’Ammār ne dura pas. Comme la plupart des onze (à l’exception de Hāshimites qui tinrent jusqu’à la mort de Fāṭima), il finit par reconnaître Abū Bakr et combattit même à al-Yamāma sous son califat. Mais le geste initial resta : ‘Ammār avait été du côté de ceux qui pensaient que le Prophète aurait voulu que les siens, non les Qurayshites, portent son héritage.


6. Al-Yamāma — l’oreille coupée (guerres de la Ridda, 632-633)

Sous Abū Bakr, ‘Ammār combattit les tribus arabes apostates dans les guerres de la Ridda. À la bataille d’al-Yamāma contre Musaylima l’Imposteur, Ibn ‘Umar le vit debout sur un rocher, l’oreille droite coupée pendant (tadhbadh), criant aux musulmans qui fuyaient :

« Ô musulmans ! fuyez-vous le Paradis ? Je suis ‘Ammār b. Yāsir, venez à moi ! »[21]

Ce fut là qu’’Ammār perdit une oreille. Un Tamīmī l’apostropha plus tard : « Ô al-ajda’ ! » (l’oreille coupée). ‘Ammār répondit : « Meilleure oreille trahie ! » — elle avait été perdue au combat avec le Prophète.[22]


7. Gouverneur de Kūfa sous ‘Umar (642-644)

7.1 La nomination

Après la destitution de Sa’d b. Abī Waqqāṣ comme gouverneur de Kūfa, ‘Umar b. al-Khaṭṭābnomma ‘Ammār gouverneur (amīr) et envoya ‘Abd Allāh b. Mas’ūd comme enseignant (mu’allim) et vizir, en le préposant au Bayt al-Māl. La lettre d’’Umar aux Kūfans, transmise par plusieurs chaînes :

« J’ai envoyé ‘Ammār comme émir, et ‘Abd Allāh comme enseignant et vizir ; je l’ai mis à la tête de votre Trésor (Bayt al-Māl). Je vous ai favorisés avec lui plutôt qu’avec moi-même. Écoutez-les et obéissez ; prenez modèle sur eux. »[23]

‘Umar justifia la nomination par Coran 28:5 : « Nous voulons favoriser ceux qui furent opprimés sur terre, faire d’eux des imāms et des héritiers. »[14] Le salaire : un mouton par jour, dont la moitié pour ‘Ammār, l’autre entre Ibn Mas’ūd, Ḥudhayfa et ‘Uthmān b. Ḥunayf.

7.2 La destitution (1 an 9 mois plus tard)

Caetani donne la version la plus claire : « Les habitants se plaignirent de lui aussi, l’accusèrent de faiblesse et d’ignorance dans l’art de gouverner. C’est pourquoi ‘Ammār fut destitué après un an et neuf mois, et le Calife perdit patience avec les Kūfans : “Qui peut me servir d’avocat contre la gente d’al-Kūfa ? Si je nomme un gouverneur fort, ils le combattent ; si je nomme un faible, ils le méprisent !” Alors il appela al-Mughīra. »[24]

Hinds (1971) éclaire cette destitution par la politique tribale kūfienne : « Jarīr b. ‘Abd Allāh et d’autres s’opposèrent à ‘Ammār b. Yāsir quand il était gouverneur (prob. 22/643) et obtinrent sa destitution précisément parce qu’’Ammār cherchait à exercer plus d’autorité qu’ils n’étaient disposés à lui en accorder. L’augmentation des stipendes de certains rawādif de Nihāwand fut probablement l’une des sources de conflit. Hinds (1971) voit dans sa destitution le symptôme de la sensibilité des premiers arrivants kūfiens à tout excès d’autorité médinoise. »[25]

Ibn Sa’d rapporte la confrontation : « ‘Umar dit à ‘Ammār : Ton rappel nous a fait du mal ? — Si c’est vrai quand tu m’as nommé, et quand tu m’as destitué. »[26] C’est l’un des rares hadiths qui montrent ‘Ammār tancer ‘Umar.

7.3 Chef de la délégation kūfienne contre al-Walīd (c. 30 H / 650)

En l’an 30 H (~650 EC), ‘Ammār fut l’un des chefs de la première délégation kūfienne envoyée à Médine pour exiger la destitution du gouverneur al-Walīd b. ʿUqba, demi-frère d’ʿUthmān par sa mère. Ses co-chefs étaient Mālik al-Ashtar, Ḥujr b. ʿAdī et Ibn al-Kawwāʾ (ʿAbd Allāh b. al-Kawwāʾ al-Yashkurī). Environ 1 000 Kūfiens marchèrent sur Médine.[48]

Trois griefs principaux :

  1. Ivrognerie et irrégularité dans la prière — al-Walīd mena la Ṣalāt al-Fajr en quatre rakʿahs en état d’ébriété, vomit du vin dans la mosquée.
  2. Népotisme — ʿUthmān avait nommé son frère par alliance sur des vétérans de Badr et des pionniers kūfiens.
  3. Dysfonctionnement judiciaire — la peine de ḥadd fut mal gérée ; ʿAlī infligea les 40 coups mais al-Walīd ne fut pas destitué immédiatement, irrégularités dans les témoignages.

La délégation obtint la destitution d’al-Walīd, remplacé par Saʿīd b. al-ʿĀṣ. Cet épisode marque l’entrée d’’Ammār dans l’opposition politique frontale au califat ʿuthmanien.[48]


8. Rôle dans la crise du califat d’ʿUthmān (34–35 H / 654–656)

Après sa destitution de Kūfa, ‘Ammār devint l’une des figures centrales de l’opposition à ʿUthmān :

Protestation de l’exil d’Abū Dharr — ʿUthmān avait exilé Abū Dharr al-Ghifārī à al-Rabadha. ‘Ammār protesta vigoureusement ; les esclaves d’ʿUthmān le battirent jusqu’à l’évanouissement, lui causant une hernie. Umm Salama le soigna ; ʿAlī protesta auprès du calife.[49]

Mission en Égypte — ʿUthmān l’envoya comme enquêteur auprès des rebelles égyptiens. ‘Ammār rejoint l’opposition, revint à Médine pour attiser le mécontentement.[49]

Siège d’ʿUthmān — Présent au siège de la demeure du calife (Dhū al-Ḥijja 35 H / juin 656). La délégation unifiée (Kūfa + Baṣra + Égypte) exigea : démission, renvoi des gouverneurs umayyades, restitution des ṣawāfī, justice pour les Compagnons lésés (Ibn Masʿūd battu, Abū Dharr exilé, ‘Ammār battu), chūrā sans Umayyades.[49]

Sources : Balādhurī Ansāb al-Ashrāf ; Ṭabarī Vol. 4 ; Al-Islam.org (Kamal al-Sayyid) — compte détaillé ; Taha Hussain note des contradictions internes dans les rapports.[49]


9. Le Chameau (656) — escorter ʿĀʾisha

À la bataille du Chameau (an 36 H / 656), ‘Ammār combattit aux côtés d’’Alī contre Ṭalḥa, al-Zubayr et ‘Ā’isha. Ṭabarī rapporte :

Après la bataille, Muḥammad b. Abī Bakr et ‘Ammār b. Yāsir escortèrent ‘Ā’isha ; ils descendirent son howdaj, l’emmenèrent à Baṣra chez ‘Abd Allāh b. Khalaf al-Jaḥmī. ‘Ammār lui dit : « Comment as-tu vu le combat de tes fils aujourd’hui, ô mère ? — Qui es-tu ? — Je suis ton fils pieux, ‘Ammār. — Tu m’es cher. — Par Dieu, oui. — Alors j’espère que tu as triomphé. »[27]

Balādhurī conserve la version où ‘Ammār apostrophe ‘Ā’isha au nom du Prophète : « Gloire à Dieu, ô Mère des Croyants, que ce que tu fais est loin de ce que le Prophète t’avait ordonné — reste dans ta maison. » — « Qui parle ? — Abū al-Yaqẓān ? — Oui. — Par Dieu, tu as dit vrai. » ‘Ammār : « Louange à Dieu qui a fait triompher la vérité par ta bouche. »[28]


10. Siffīn — le martyr (37 H / 657)

9.1 Le hadith du Labbayka à Siffīn

La bataille de Siffīn (juillet 657) opposa ‘Alī à Mu’āwiya sur les rives de l’Euphrate. ‘Ammār, alors âgé de 91 ou 94 ans, se battit dans l’aile d’’Alī. La bannière était portée par Hāshim b. ‘Utba(alias al-Murqal). ‘Ammār cria à Hāshim : « Avance, que mon père et ma mère soient ta rançon ! » Hāshim répondit : « Ô ‘Ammār, tu mélanges les partis ; j’avance la bannière doucement pour atteindre mon but. » ‘Ammār monta sa kataba et attaqua ; Dhū al-Kalā’ contre-attaqua ; les deux katabas s’entretuèrent.[30]

Les récits d’Ibn Sa’d conservent les mots d’’Ammār à Siffīn : « Aujourd’hui, je rejoins les bien-aimés — Muḥammad et son parti ! » Et, selon Rabī’a b. Nājid : « J’ai combattu avec la bannière du Prophète trois fois ; ceci est la quatrième — par Dieu, quand bien même ils nous battraient jusqu’aux pierres d’al-Ḥajar, je saurais que nous sommes sur la vérité. »[31]

9.3 Paroles célèbres à Siffīn

Deux déclarations d’’Ammār, rapportées par Ṭabarī (Vol. 4), Ibn al-Athīr (al-Kāmil Vol. 3) et Al-Ḥākim (al-Mustadrak), résument sa position :

« Combattons ceux qui revendiquent la vengeance de ʿUthmān. Par Allah, ils ne veulent pas le venger mais s’approprier ce bas monde. »

« Nous vous avons déjà combattus pour la révélation du Coran, aujourd’hui nous vous combattons pour l’avoir mal interprété. »

Âgé de 93–94 ans (Ṭabarī Vol. 4 ; Ibn al-Athīr Vol. 3 ; Al-Ḥākim al-Mustadrak : « tué à 93 ans »), il s’élança au combat malgré son grand âge. Ses adversaires l’évitaient, se souvenant du hadith prophétique : « Une faction rebelle te tuera » (Bukhari / Muslim / Ahmad, mutawātir) — devenu la preuve majeure de la légitimité d’’Alī et de l’illégitimité du parti umayyade.[50]

9.4 Le lait — dernier provisionnement

Ṭabarī et Ibn Sa’d rapportent un hadith prophétique accompli à Siffīn :

Le jour où il fut tué, la bannière était portée par Hāshim b. ‘Utba. Le soleil allait se coucher ; ‘Ammār attendit pour boire ; on lui apporta du lait (ḍayḥ de lait). Il but, puis dit : « J’ai entendu le Prophète dire : “Le dernier provisionnement que tu auras de ce monde sera une gorgée de lait.” » Puis il avança et combattit jusqu’à la mort.[32]

9.3 Les tueurs d’’Ammār

‘Ammār fut tué par Huwayy b. al-Mukammal et Abū al-Ghādiya al-Muzanī. Ibn Sa’d conserve le récit d’Abū al-Ghādiya :

‘Ammār sortit de sa kataba et appela : « Qui veut duel ? » Un Ḥimyarite le provoqua, ils échangèrent deux coups ; ‘Ammār le tua. Il appela encore : « Qui veut duel ? » Je le provoque. Ses bras avaient vieilli et étaient affaiblis ; je lui assène un coup ; il tombe, je l’achève. Les gens criaient : « Tu as tué Abū al-Yaqẓān ! » Je dis : « Allez-vous-en, par Dieu, je ne sais même pas qui c’est. »[33]

9.4 Le hadith jeté à Mu’āwiya

La scène la plus célèbre : à Siffīn, ‘Abd Allāh b. ‘Amr b. al-‘Āṣ rappela à son père et à Mu’āwiya le hadith prophétique. Ibn Sa’d :

‘Abd Allāh b. ‘Amr dit à Mu’āwiya : « J’ai entendu le Prophète dire à ‘Ammār : “Malheur à toi, Ibn Sumayya, te tuera une faction rebelle !” » ‘Amr à Mu’āwiya : « N’entends-tu pas ce qu’il dit ? » — Mu’āwiya : « Qu’as-tu à nous importuner avec ce hadith ? Nous ne l’avons pas tué, ce sont ceux qui l’ont amené qui l’ont tué. »[34]

C’est la défense classique des Umayyades : si ‘Ammār est tué par une « faction rebelle », et que ‘Ammār combat pour ‘Alī, alors c’est ‘Alī qui l’a envoyé à la mort. La réplique sunnite (et shiite) est constante : le meurtrier est l’agresseur, pas celui qui se défend.


10. Mort, funérailles et testament

‘Ammār fut tué le 22 Ṣafar 37 H / 19 juillet 657 EC, à 94 ans (ou 91 selon une variante de Wāqidī). ‘Alī pria sur lui et sur Hāshim b. ‘Utba ensemble, un seul takbīr — ‘Ammār près de lui, Hāshim devant — cinq, six ou sept fois, selon les chaînes.[35]

Testament d’’Ammār : « Ne m’éloignez pas [de Siffīn] et ne posez pas de terre sur moi, car je plaiderai. »[36] Ce vœu — être laissé en terre de bataille, sans tombe, pour plaider contre ses meurtriers au Jugement — est unique dans la tradition islamique. Il fut enterré sur le champ de bataille.


11. Description et personnalité

Wāqidī (citée par Balādhurī) : « ‘Ammār était brun (ādam), grand (ṭawīlan), robuste (muḍṭarib), aux yeux ashhal (bleu-clair tirant sur le roux), large d’épaules (ba’īd mā bayn al-mankibayn), et ne teignait pas ses cheveux. »[37]

Ibn Sa’d le décrit comme « le plus long en prière (sujūd) des hommes, et le plus sobre en paroles ». ‘Ammār répétait souvent : « Je cherche refuge auprès de Dieu contre la fitna, je cherche refuge auprès de Dieu contre la fitna » — puis la grande fitna l’atteignit.[38]

11.1 Hadiths prophétiques le concernant

  • « ‘Ammār est avec la vérité partout où il se tourne (‘Ammār ma’a al-ḥaqq aynamā dhahaba). »[39]
  • « Celui qui combat ‘Ammār est dans le Feu. »[40]
  • « Suivez la guidance d’’Ammār (ihtadū bi-hudā ‘Ammār) et tenez le pacte d’Ibn Mas’ūd. »[41]
  • « Abū al-Yaqẓān est sur la fitra ; il ne l’abandonnera pas jusqu’à mourir ou devenir sénile. »[42]
  • « Le Paradis aspire à trois : ‘Alī, ‘Ammār, Bilāl. »[15]
  • « ‘Ammār m’est cher comme la peau entre mes yeux et mon nez. »[19]

‘Alī disait de lui : « Un croyant que la foi a choisi » (mukhtār ikhtārahu al-īmān — jeu de mots sur mukhtār / ikhtiyār).[43]


12. Postérité

‘Ammār laisse dans l’islam trois héritages entremêlés :

1. Le martyre proto-type. Première génération des persécutés mecquois, sa mère étant la première martyre de l’islam, ‘Ammār incarne l’endurance (Coran 16:106, 29:10).

2. Le compagnon de tous les combats. ‘Ammār est l’un des rares Compagnons à avoir participé à toutes les phases : persécution mecquoise, hijra en Abyssinie, Badr, Uḥud, Khandaq, toutes les expéditions médinoises, guerres de la Ridda sous Abū Bakr (al-Yamāma, oreille coupée), conquêtes iraniennes sous ‘Umar, gouvernorat de Kūfa, Chameau sous ‘Alī, et enfin Siffīn — du vivant de cinq califes (le Prophète, Abū Bakr, ‘Umar, ‘Uthmān, ‘Alī).

3. Le hadith de la « faction rebelle » devint, dans le sunnisme comme dans le shī’isme, l’un des arguments clés de la légitimité d’’Alī à Siffīn — et de l’illégitimité du parti umayyade. Abū al-Ghādiya lui-même reconnut : « Que Dieu le prenne en miséricorde le jour où il se soumit, le jour où il fut tué, le jour où il sera ressuscité. »[33]

4. Il n’est pas un qārī des Sept canoniques — son rôle est militaire, politique et mémoriel, pas coranique. Il n’apparaît dans aucune chaîne de qirā’āt. Mais il est, par les versets révélés à son sujet et les hadiths qui le mentionnent, l’un des Compagnons dont la trace textuelle coranique est la plus dense.

**5. Sa descendance — les Banū ‘Ammār b. Yāsir — est peu documentée dans les sources ; un petit-fils, Fustūq b. ‘Ammār, apparaît dans l’index de Ṭabarī.[44] L’essentiel de sa mémoire fut portée par la tradition (‘Alī, les shiites, les traditionalistes sunnites) qui fit d’’Ammār l’archétype du Compagnon fidèle au sang versé pour la vérité.

6. L’héritage politique moderne — le symbole palestinien. Yasser Arafat (1929‑2004), leader de l’Organisation de Libération de la Palestine, adopta le kunya « Abū ‘Ammār » en référence explicite à ‘Ammār b. Yāsir — figure de résistance, de persévérance et de martyre. Helena Cobban (1984, p. 272) documente ce choix dans son étude de l’OLP : le symbole du Compagnon persécuté puis tué pour sa foi offrait un précédent à la lutte nationale palestinienne. Par cette filiation symbolique, ‘Ammār dépasse les clivages shiite/sunnite et devient une référence de la résistance contemporaine.[45]

12.1 Les Quatre Compagnons (al-Tarā al-Arbaʿa) — statut chiite

Dans la tradition shiite, ʿAmmār compte parmi les Quatre Compagnons (al-Tarā al-Arbaʿa) — avec Salmān al-Fārisī, Abū Dharr al-Ghifārī et Miqdād ibn al-Aswad — considérés comme l’élite des compagnons fidèles à ʿAlī. Cette désignation remonte à Abū Ḥātim al-Rāzī (cité dans l’entrée Wikipedia “Four Companions”) et est reprise par al-Mufīd et les recueils de hadiths shiites. Ces quatre figures symbolisent la « contre-élite spirituelle » des mustaḍʿafūn restés loyaux à la maison prophétique.[46]

12.2 Consensus sunnite sur sa légitimité et celle d’’Alī

Le sunnisme classique tient ʿAmmār en haute estime et fait du hadith de la « faction rebelle » un argument de la légitimité d’’Alī :

  • Ibn Ḥajar al-ʿAsqalānī, Fatḥ al-Bārī (sharḥ Ṣaḥīḥ al-Bukhārī) : « D’après le hadith d’ʿAmmār, Ahl al-Sunnah tiennent qu’ʿAlī était sur la vérité. »
  • Ibn al-ʿArabī al-Mālikī, al-ʿAwāṣim min al-Qawāṣim : consensus sur la légitimité d’’Alī via le hadith d’ʿAmmār.
  • Hadiths mutawātir louant ʿAmmār dans Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, Ṣaḥīḥ Muslim, Musnad Aḥmad, Sunan al-Tirmidhī — confirmant son statut de Compagnon fiable dont le témoignage engage la communauté.[47]

Notes de bas de page

[1]: Ibn Sa’d, ج3 (Classes des combattants de Badr — Dār Ṣādir), pp. 227-243 [PAGE 1063-1079]. Ṭabarī, suppl. (Beyrouth), pp. 508-509 [PAGE 1823-1824]. Balādhurī, I(b)/207, 225 [PAGE 208, 226] (al-Mustaḍ’afīn et mort à Siffīn). Caetani, Vol. I, p. 261 [PAGE 827] (liste des premiers convertis, n° 44, confederato dei banu Makhzum). Date de mort : 22 Ṣafar 37 H selon Balādhurī I(b)/225 [PAGE 226] : قتل مع علي بصفّين فى صفر سنة سبع وثلاثين.

[2]: Ibn Sa’d, ج3, p. 227 [PAGE 1063]. Ṭabarī, suppl., p. 508 [PAGE 1823]. Généalogie : ابن عامر بن مالك بن كنانة بن قيس بن الخضين بن الورذيم بن ثعلبة بن عوف بن حارثة بن عامر الأكبر بن يام بن عنس … بن مالك بن أدد بن زيد بن يشجب بن عريب بن زيد بن كهلان بن سبأ بن يشجب بن يعرب بن قحطان ; وبنو مالك بن أدد من مذحج. Yāsir vint du Yaman avec Hārith et Mālik chercher un frère ; Yāsir s’allia à Abū Hudhayfa b. al-Mughīra (Makhzūm) qui lui donna Sumayya bt. Khabbāṭ.

[3]: Ṭabarī, suppl., p. 508 [PAGE 1823]. وكان لياسر ابن أكبر من عمار وعبد الله يقال له خربث ; فقتلته بنو الديل فى الجاهلية. Remariage de Sumayya avec al-Azraq (mawlā d’al-Ḥārith b. Kalada al-Thaqafī) : Salama b. al-Azraq est le demi-frère utérin d’’Ammār.

[4]: Balādhurī, I(b)/207 [PAGE 208]. Chaîne يزيد بن رومان عن عروة بن الزبير. Le Prophète à la mosquée, entouré des mustaḍ’afīn (Ammār, Ṣuhayb, Khabbāb, Bilāl, Abū Fukayha, ‘Āmir b. Fuhayra). Moqueries de Quraysh. Révélation de Coran 6:53.

[5]: Ibn Sa’d, ج3, p. 229 [PAGE 1065]. Chaîne محمد بن عمر عن عبد الله بن أبي عبيدة بن محمد بن عمار بن ياسر عن أبيه. Et Balādhurī, I(b)/209 [PAGE 210] : لقيت صهيب بن سنان على باب دار الأرقم … فكان إسلام عمار وصهيب بعد بضعة وثلاثين رجلا.

[6]: Caetani, Vol. I, p. 261 [PAGE 827]. (44) 'Ammar b. Yasir [f 37 a. H.], confederato dei banu Makhzum b. Yaqazah. Note 3 (p. 278) : Ammar b. Yasir abù-l-Yaqdàn al-' Ansi: egli fu uno dei più antichi musulmani, circa il trentesimo a convertirsi, e abbracciò l'Islam insieme con il padre e con la madre, mentre Maometto dimorava nel Dar al-Arqam b. abù-l-Arqam. Egli si converti nello stesso giorno di Suhayb.

[7]: Caetani, Vol. I, pp. 277-278 [PAGE 843-844]. Le vittime di questa persecuzione v'erano 'Ammar b. Yasir e i suoi genitori, che ogni giorno erano condotti dai banu Makhzum nella collina di Ramda presso Makkah e sottoposti a vari tormenti durante le ore più roventi del giorno. Un giorno passò Maometto vicino a loro e li rianimò con la sua parola a resistere e a soffrire nella certezza d'una ricompensa nella vita avvenire. Balādhurī, I(b)/207 [PAGE 208] : كانت قريش تعذّبهم فى الرمضاء أنصاف النهار ليرجعوا عن دينهم.

[8]: Balādhurī, I(b)/211 [PAGE 212]. Chaîne عباس بن هشام عن أبيه عن جده عن أبي صالح عن أم هانئ. أن رسول الله صلى الله عليه وسلم مر بهم وما يعذبون ; فقال: صبرا آل ياسر ; فإن موعدكم الجنة ; فمات ياسر في العذاب ; وأغلظت سمية لأبي جهل ; فطعنها في قبلها ; فقتلت. وروى عبد الله فسقط = ‘Abd Allāh b. Yāsir tomba (mourut aussi, selon la chaîne).

[9]: Caetani, Vol. I, p. 278 note [PAGE 844, note 1]. Sumayyah bint Habat, la cliente (mawlah) di abu Hudzayfah b. al-Mughirah, madre di 'Ammar b. Yasir, una delle prime musulmane: essa morì in seguito ai tormenti inflittile affinché rinnegasse l'Islam, e siccome non volle cedere, abu Gahl in un impeto d'ira le trafisse il cuore e la uccise.

[10]: Ibn Sa’d, ج3, p. 231 [PAGE 1067]. Chaîne عبد الكريم عن أبي غبيدة بن محمد بن عمار بن ياسر. أخذ المشركون عمار بن ياسر فلم يتركوه حتى نال من رسول الله ؛ كي ; وذكر آلهتهم بخير ; فلما أتى النبي … قال: فكيف تجد قلبك ؟ قال: مطمئن بالإيمان ; قال: فإن عادوا فعد.

[11]: Ibn Sa’d, ج3, p. 231 [PAGE 1067]. في قوله: إلا من أكره وقلبه مطمئن بالإيمان ; قال: ذلك عمار بن ياسر. Et Coran 16:108 (ومن شرح بالكفر صدرًا) = ‘Abd Allāh b. Abī Sarḥ, l’apostat.

[12]: Ibn Sa’d, ج3, p. 231 [PAGE 1067]. Chaîne ابن عيينة عن جابر عن الشعبي عن ابن عيينة … في قوله: إلا المتلخبط ; قال: عمار بن ياسر (référence à Coran 29:10).

[13]: Balādhurī, I(b)/214 [PAGE 215]. Chaîne محمد بن سعد عن محمد بن كناسة الأسدي عن الكلبي عن أبي صالح عن ابن عباس في قوله: أم من هو قانت آناء الليل ; قال: نزلت في عمار بن ياسر(Coran 39:9).

[14]: Balādhurī, I(b)/214 [PAGE 215]. ‘Umar : إنما وليت عمارًا لقول الله عز وجل: ونريد أن نمن على الذين استضعفوا في الأرض ونجعلهم أئمة ونجعلهم الوارثين (Coran 28:5).

[15]: Balādhurī, I(b)/211 [PAGE 212]. Chaîne الحسين بن الأسود عن وكيع عن سفيان عن أبي رديعة عن الحسن عن أنس. قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: الجنة تشتاق إلى ثلاثة من أصحابي: علي وعمار وبلال. (Variantes : « Paradis » plutôt que « Enfer » — الجنة.)

[16]: Ṭabarī, suppl., p. 508 [PAGE 1823]. وهاجر عمار بن ياسر في قول جميع من ذكرت من أهل السير إلى أرض الحبشة.

[17]: Ibn Sa’d, ج3, p. 232 [PAGE 1068]. لما هاجر عمار بن ياسر من مكة إلى المدينة نزل على كلثوم بن المنذر. Et أقطع رسول الله صلى الله عليه وسلم عمار بن ياسر موضع داره.

[18]: Ibn Sa’d, ج3, p. 232 [PAGE 1068]. قال عمار بن ياسر: قد قاتلت مع رسول الله صلى الله عليه وسلم الإنس والجن … فقال لي رسول الله: أما إنه سيأتيك آت يمنعك من الماء … فإذا رجل أسود كأنه مسح … فأخذته وأخذني فصرعته … فكسرت به أنفه ووجهه. Combat contre le djinn.

[19]: Caetani, Vol. I, pp. 403-404 [PAGE 969-970]. Ammar b. Yasir passò vicino a Maometto e si lagnò di faticare troppo … "O profeta di Dio! mi vogliono uccidere …" il Profeta, mettendosi le mani nella folta capigliatura, predisse la morte di 'Ammar: "Ahimè, ibn Sumayya, non saranno questi i tuoi uccisori; ma una schiera ribelle ti troncherà la vita!". Et : 'Ammar mi è caro come la pelle fra i miei occhi o il mio naso! (Hishām 337-338). Note 1 : La tradizione (apocrifa beninteso) allude alla morte di 'Ammar avvenuta alla battaglia di Siffin.

[20]: Ibn Sa’d, ج3, p. 234 [PAGE 1071]. Chaîne وكيع ومحمد بن عبد الله الأسدي عن سفيان عن أبي قيس الأودي عن هريرة. أتى النبي صلى الله عليه وسلم فقيل له إن عمارًا وقع عليه حائط فمات ; قال: ما مات عمار. Allusion au hadith تقتله الفئة الباغية.

[21]: Ibn Sa’d, ج3, p. 235 [PAGE 1071]. Ṭabarī, suppl., p. 509 [PAGE 1824]. Chaîne عبد الله بن نافع عن أبيه عن ابن عمر. رأيت عمار بن ياسر يوم اليمامة على صخرة وقد أشرف يصيح: يا معشر المسلمين أين الجنة تفرون ؟ أنا عمار بن ياسر ; هلموا إلي ! وأنا أنظر إلى أذنه قد قطعت فهى تذبذب وهو يقاتل أشد القتال.

[22]: Ibn Sa’d, ج3, p. 235 [PAGE 1071]. Chaîne شعبة عن قيس بن مسلم عن طارق بن شهاب. قال رجل من بنى تميم لعمار: أيها الأجدع ; فقال عمار: خير أذن سبيت ; قال شعبة: إنها أصيبت مع النبي صلى الله عليه وسلم. (Variantes : خير أذن سُبِيَت ou أصيبت مع النبي.)

[23]: Balādhurī, I(b)/214 [PAGE 215]. Lettre d’’Umar aux Kūfans : أما بعد فقد بعثت إليكم عمار بن ياسر أميرًا وابن مسعود معلمًا ووزيرًا … وقد آثرت بابن أم عبد على نفسي ; فاسمعوا لهما وأطيعوا ; واقتدوا بهما ; وقد جعلت ابن مسعود على بيت المال ; وحذيفة وعثمان بن حنيف على السواد ; ورزقهم في كل يوم شاة ; فجعل شطرها وبطنها لعمار والشطر الباقي بين هؤلاء الثلاثة. Voir aussi Ibn Sa’d, ج3, p. 234 [PAGE 1070-1071] et Ṭabarī, vol. IV, p. 138 [PAGE 3456].

[24]: Caetani, Vol. IV, p. 266 [PAGE 2182]. il Califfo 'Umar depose Sa'd b. abi Waqijàs e nominò 'Ammar b. Yasir governatore di al-Kufah, ma gli abitanti si lagnarono anche di lui, lo accusarono di debolezza e d'ignoranza nelle arti di governo. Perciò anche 'Ammar fu deposto dopo un anno e nove mesi, e il Califfo perdette la pazienza con la gente di al-Kufah: "Chi può farmi da avvocato dinanzi alla gente di al-Kufah? Se nomino un governatore forte, lo combattono … se nomino un debole, lo disprezzano!" Allora chiamò al-Mughirah.

[25]: Hinds, M., Kufan Political Alignments and their Background in the Mid-Seventh Century A.D., 1971, ligne 437 sq. Jarir b. 'Abdallah and others opposed 'Ammar b. Yasir when he was governor (probably 22/643) and secured his dismissal precisely because 'Ammar sought to exercise more authority than they were prepared to allow him. The raising of the stipends of some of the Nihawand rawadif may well have been one source of contention.

[26]: Ibn Sa’d, ج3, p. 239 [PAGE 1073]. Chaîne عفان بن مسلم عن خالد بن عبد الله عن داود عن عامر. قال عمر لعمار: أساءك عزلنا إياك ؟ قال: لئن قلت ذاك لقد ساءني حين استعملتني وساءني حين عزلتني.

[27]: Ṭabarī, vol. IV, p. 533 [PAGE 3851]. Chaîne عبد الله بن أحمد … عن أبيه عن سلمان. لما قتل الحجاج … أمر على ثرى بجمل الهدج من بين القتل … محمد بن أبي بكر ومعه نفر … قال: أخوك البار ؟ قال عمار بن ياسر: كيف رأيت ضرب بنيك اليوم يا أمه ؟ قالت: من أنت ؟ قال: أنا ابنك البار عمار ; قالت: لست لي بأم ; قال: بلى وإن كرهت ; قالت: فختم أن ظفرم. (Voir aussi Balādhurī, I(b)/218 [PAGE 219].)

[28]: Balādhurī, I(b)/218 [PAGE 219]. Chaîne أحمد بن إبراهيم الدورقي … عن أبي يزيد. أن عمارًا قال لعائشة رضي الله عنها يوم الجمل بعد ما فرغ الناس من القتال: سبحان الله يا أم المؤمنين ; ما أبعد هذا الأمر من الأمر الذي عهد رسول الله صلى الله عليه وسلم إليك فيه أمرك أن تقرى في بيتك ; فقالت: ومن هذا أبو اليقظان ؟ قال: نعم ; قالت: والله إنك ما علمت لصادق ; فقال: الحمد لله الذي قضى لي على لسانك.

[29]: Caetani, Vol. II/1, p. 612 [PAGE 5300]. (1) 'Ali b. abl Talib; (2) al-'Abbas b. 'Abd al-Muttalib; (3) al-Fadl b. al-'Abbas; (4) al-Zubayr b. al-'Awwam; (5) Khalid b. Sa'id; (6) al-Miqdàd b. 'Amr; (7) Salman al-Farisi; (8) abu Dzarr alGifari; (9) 'Ammar b. Yasir; (10) ai-Bara b. 'Azib, e (11) Ubayy b. Ka'b. A questi possiamo aggiungere anche (12) Sa'd b. 'Ubàdah e (13) Talhah. D’après Ya’qūbī, II, 138. Et Mas’ūdī, IV, 183 : nessuno dei banu Hàsim riconoscesse la nomina di abu Bakr prima della morte di Fatimah. Caetani ajoute (§ 66, note 1) sur l’opposition des onze : « ispirati realmente da soli bassi motivi personali », mais son propre récit (§ 66-68) montre qu’il s’agissait de la nature même du Califat. Citation sur la Saqīfa comme faltah et le triumvirat qui « carpì il potere » (§ 66-67, passim).

[30]: Ibn Sa’d, ج3, p. 242 [PAGE 1078]. Chaîne محمد بن عمر وغيره. لما استلحم القتال بصفين … قال معاوية: هذا يوم تفانى فيه العرب … فقال عمار لهاشم بن عتبة بن أبي وقاص ومعه اللواء يومئذ: امختم فداك أبي وأمي ! فقال هاشم: يا عمار رحمك الله إنك رجل تمتخفك الحزب وإني ما أزحف باللواء … وإنى إن حففت لم آمن الهلكة ; فلم يرل به حتى حمّل ; فنهض عمار في كتيبته فنهض إليه ذو الكلاع في كتيبته فاقتتلوا فتلا جميعًا واستؤصلت الكتيبتان.

[31]: Ibn Sa’d, ج3, p. 239 [PAGE 1073]. Chaîne عبد الله بن سلمة. رأيت عمار بن ياسر يوم صفين شيحًا أدم في يده الحوبة وإنها لوعل ; فنظر إلى عمرو بن العاص ومعه الراية فقال: إن هذه راية قد قاتلت بها مع رسول الله صلى الله عليه وسلم ثلاث مرات وهذه الرابعة ; والله لضربونا حتى يبلغوا سعقات حجر لعرفت أن مصلحتنا على الحق وأنهم على باطل. Et Ibn Sa’d, ج3, p. 239 [PAGE 1075] : سمعت عمار بن ياسر وهو بصفين يقول: اللهم تحت البارقة والقرآن يرد الما والما مورود ; اليوم ألقى الأجبة محمدًا وجب ; لقد قاتلت صاحب هذه الراية ثلاثًا مع رسول الله وهذه الرابعة كإحداهن.

[32]: Ṭabarī, suppl., p. 509 [PAGE 1824]. Ibn Sa’d, ج3, p. 239 [PAGE 1075]. Chaîne محمد بن عمر حدثنى عبد الله بن أبي عبيدة عن أبيه عن لؤلؤة مولاة أم الحكم بنت عمار بن ياسر. لما كان اليوم الذي قتل فيه عمار والراية يحملها هاشم بن عتبة … ثم تقرب عمار من وراء هاشم يقدمه وقد جتحت الشمس للغروب ; مع عمار ضيح من لبن … فقال حين وجبت الشمس وشرب الضيح: سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: آخر زادك من الدنيا ضيح من لبن ; قال: ثم اقترب فقاتل حتى قتل وهو يومئذ ابن أربع وتسعين سنة.

[33]: Ibn Sa’d, ج3, p. 242 [PAGE 1078]. وحمل على عمار حوي بن المكمل وأبو الغادية المزني وقتلاه ; فقيل لأبي الغادية: كيف قلته ؟ … فقال: لما دفع إلينا في كتيبته ودلفنا إليه نادى هل من مبارز ; فبرز إليه رجل من حمير فاضطربا بسيفيهما فقتل عمار الحميري وأخذه الحميري … فبرزت إليه فاختلفنا ضربتين وقد كانت يده ضعفت فأنحى عليه بضربة أخرى فسقط فضربته بسيفي حتى برز … فقال له محمد بن بكير: يا أبا الغادية حجمك يوم القيامة مازندر … فضحك ; وكان أبو الغادية شيخًا كبيرًا جسيمًا أدلم. Le tueur unique varie selon les chaînes : Huwayy b. al-Mukammal et Abū al-Ghādiya al-Muzanīcités ensemble chez Ibn Sa’d ; Balādhurī privilégie Abū al-Ghādiya.

[34]: Ibn Sa’d, ج3, p. 234 [PAGE 1070]. Chaîne شعبة عن أبي مسلمة عن أبي نضرة عن أبي سعيد الخدري … عن أبي قتادة. قال النبي صلى الله عليه وسلم لعمر وهو يمسح التراب عن رأسه: ويحك يا بن سمية تقتلك فئة باغية. Et Ibn Sa’d, ج3, p. 234 [PAGE 1070] : أخبرنا أبو معاوية عن الأعمش عن عبد الرحمن بن زياد عن عبد الله بن الحارث قال: إني لاسي مع معاوية في مصرفه عن صفين بينه وبين عمرو بن العاص … فقال عبد الله بن عمرو: يا أبت سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول لعمار ويحك يا بن سمية تقتلك الفئة الباغية ؟ … فقال معاوية: ما تزال تأتينا بهذة تدحض بها في بولك أنحن قتلناه ؟ إنما قتله الذين جاءوا به.

[35]: Ibn Sa’d, ج3, p. 243 [PAGE 1079]. Chaîne عبد الله بن نمير عن أشعث بن سوار عن أبي إسحاق الشيباني. صلى علي على عمار بن ياسر وهاشم بن عتبة رضي الله عنهما فجعل عمار مما يليه وهاشمًا أمام ذلك وكبر عليهما تكبيرًا واحدًا خمسًا أو ستًا أو سبعًا. Et Balādhurī, I(b)/225 [PAGE 226] : صلى على عمار وهاشم بن عتبة فجعل عمار مما يليه وهاشمًا أمام ذلك وكبر عليهما تكبيرًا واحدًا.

[36]: Ibn Sa’d, ج3, p. 243 [PAGE 1079]. Chaîne الفضل بن ذكين عن شريك عن أبي إسحاق الشيباني. لا تفضحوا على دمنا ولا تثروا علينا ترابًا فإنى مخاصم. Autre chaîne : عن عبيد الله بن موسى عن عبد العزيز بن سياه عن حبيب بن أبي ثابت قال: قتل عمار يوم قتل وهو مجتمع العقل.

[37]: Balādhurī, I(b)/225 [PAGE 226]. قال الواقدي … كان عمار آدم طوالا مضطربًا أشهل العينين بعيد ما بين المنكبين وكان لا يغدر شيبه ; وقتل مع علي بصفّين في صفر سنة سبع وثلاثين وهو ابن ثلاث وتسعين ; وذلك الثبت ; ويقال إحدى وتسعين ; ودفن بصفين.

[38]: Ibn Sa’d, ج3, p. 239 [PAGE 1073]. Chaîne عفان ومسلم بن إبراهيم عن الأسود بن شيبان عن أبي نوفل بن أبي عقرب. كان عمار بن ياسر من أطول الناس سجودًا وأقلهم كلامًا ; وكان يقول: أعوذ بالله من الفتنة أعوذ بالله من الفتنة ; ثم عرضت له فتنة عظيمة.

[39]: Ibn Sa’d, ج3, p. 242 [PAGE 1078]. Discours d’’Alī : إن امرأ من المسلمين لم يعظم عليه قتل عمار ولم يدخل عليه بقتله مصيبة موجعة لغير رشيد … عمار مع الحق أين دار ; وقاتل عمار فى النار. Et Balādhurī, I(b)/225 [PAGE 226] : رحم الله عمارًا يوم أسلم ; ورحم الله عمارًا يوم قتل ; ورحم الله عمارًا يوم يبعث حيًا … عمار مع الحق أين دار ; وقاتل عمار فى النار.

[40]: Ṭabarī, suppl., p. 509 [PAGE 1824]. Témoignage de Khuzayma b. Thābit : شهد خزيمة بن ثابت الجمل وهو لا يسله سيفًا وشهد صفين وقال: أنا لا أسل أبدا حتى يقتل عمار فأنظر من يقتله ; فإنى سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: تقتله الفئة الباغية.

[41]: Balādhurī, I(b)/213 [PAGE 214]. Chaîne عبد الله بن محمد بن أبي شيبة أبو بكر … عن منصور عن مجاهد. أول من أظهر الإسلام أبو بكر وبلال وخباب وصبيب وعمار. Hadith : اهتدوا بهدى عمار وتمسكوا بعهد ابن مسعود.

[42]: Balādhurī, I(b)/218 [PAGE 219]. Chaîne الحسين بن الأسود عن عبيد الله بن موسى وأبو نعيم … عن سعيد العيمي عن بلال بن دينار العبسي عن حذيفة. سمعت رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: أبو اليقظان على الفطرة ; أبو اليقظان على الفطرة ; لن يدعها حتى تموت أو ينسك الهرم.

[43]: Balādhurī, I(b)/213 [PAGE 214]. Chaîne الأعمش عن عمرو بن مرة عن أبي البختري عن على. قلنا له: أخبرنا عن عمار بن ياسر ; قال: مؤمن اختاره الإيمان. (Jeu de mots : mu’min mukhtār / ikhtiyār — le croyant choisi / l’élu.)

[44]: Ṭabarī, index [PAGE 4246] et vol. VIII. فستق بن عمار (descendant).

[45]: Cobban, Helena (1984). The Palestinian Liberation Organisation: People, Power and Politics. Cambridge: Cambridge University Press, p. 272.

[46]: Ibn Mājah, Sunan, Livre de la Sunna, Chap. Vertus de Bilāl, hadith 150 (Sunnah.comibnmajah:150). Chaîne : ʿAbdullāh ibn Masʿūd. Texte arabe : كَانَ أَوَّلَ مَنْ أَظْهَرَ الْإِسْلَامَ سَبْعَةٌ : رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَأَبُو بَكْرٍ، وَعَمَّارٌ، وَأُمُّهُ سُمَیَّةُ، وَصُهَيْبٌ، وَبِلَالٌ، وَالْمِقْدَادُ.

[47]: Bukhārī, Ṣaḥīḥ, Livre 63, Hadith 82 / Vol. 5, Livre 58, Hadith 197 (n° 3857) (Sunnah.combukhari:3857). Narrateur : ʿAmmār ibn Yāsir lui-même. Texte arabe : رَأَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَمَا مَعَهُ إِلَّا خَمْسَةُ أَعْبُدٍ وَامْرَأَتَانِ وَأَبُو بَكْرٍ.

[48]: Ṭabarī, Vol. 15, pp. 119–123 (éd. Leiden) ; Balādhurī, Ansāb Vol. 5, pp. 92–95. Délégation 1 (c. 30 H / 650) contre al-Walīd b. ʿUqba : griefs — ivresse (ṣalāt al-fajr 4 rakʿahs, vomi dans la mosquée), népotisme (demi-frère maternel d’ʿUthmān nommé sur vétérans de Badr), irrégularité judiciaire (ḥadd confié à ʿAlī, 40 coups, mais al-Walīd non destitué immédiatement). Co-chefs : Mālik al-Ashtar, Ḥujr b. ʿAdī, Ibn al-Kawwāʾ (ʿAbd Allāh b. al-Kawwāʾ al-Yashkurī). ~1 000 Kufiens à Médine.

[49]: Balādhurī, Ansāb Vol. I(b)/214–215 ; Ṭabarī, Vol. 4 ; Al-Islam.org / Kamal al-Sayyid(Biography of ʿAmmār ibn Yāsir) ; Taha Hussain, Al-Fitna al-Kubrā (note contradictions). Protestation exil Abū Dharr → bastonné par esclaves ʿUthmān → hernie → soigné par Umm Salama → ʿAlī proteste. Envoyé en Égypte comme enquêteur → rejoint opposition → revient agiter. Présent au siège d’ʿUthmān.

[50]: Ṭabarī, Vol. 4 (Siffīn) ; Ibn al-Athīr, al-Kāmil Vol. 3 ; Al-Ḥākim, al-Mustadrak (ʿAmmār tué à 93 ans). Hadith prophétique mutawātir : « Une faction rebelle te tuera » (Bukhari / Muslim / Ahmad) — preuve majeure légitimité ʿAlī / illégitimité parti umayyade. Citations exactes : « Combattons ceux qui revendiquent la vengeance de ʿUthmān. Par Allah, ils ne veulent pas le venger mais s’approprier ce bas monde » ; « Nous vous avons déjà combattus pour la révélation du Coran, aujourd’hui nous vous combattons pour l’avoir mal interprété ».

[51]: Abu Ḥātim al-Rāzī (cité dans Wikipedia “Four Companions” / Kitāb al-Zuhd) ; Al-Mufīd, Kitāb al-Irshād / Al-Fuṣūl al-Mukhtāra. Les Quatre Compagnons (al-Tarā al-Arbaʿa) : Salmān al-Fārisī, Abū Dharr al-Ghifārī, Miqdād ibn al-Aswad, ʿAmmār ibn Yāsir.

[52]: Ibn Ḥajar al-ʿAsqalānī, Fatḥ al-Bārī (sur ʿAmmār : « Ahl al-Sunnah tiennent ʿAlī sur la vérité via hadith ʿAmmār ») ; Ibn al-ʿArabī al-Mālikī, al-ʿAwāṣim min al-Qawāṣim (consensus sur légitimité ʿAlī via hadith ʿAmmār) ; Hadiths mutawātir louant ʿAmmār dans Bukhari, Muslim, Ahmad, Tirmidhi.


Bibliographie

Traditionelle

  • Ṭabarī — Tārīkh al-Rusul wa-l-Mulūk, éd. Muḥammad Abū al-Faḍl Ibrāhīm, 2e éd., Le Caire : Dār al-Ma’ārif, s.d. 10 vol. + suppl. (éd. Beyrouth).
  • Ibn Sa’d — al-Ṭabaqāt al-Kabīr, Beyrouth : Dār Ṣādir, s.d. 11 ajzā’. Notice juz’ 3 (Classes des combattants de Badr), pp. 227-243.
  • Balādhurī — Ansāb al-Ashrāf, Dār al-Ma’ārif / Mu’assasat al-Ma’ārif, s.d. 13 vol. Notices al-Mustaḍ’afīn (vol. I) + walad al-Zubayr et ansāb/siffīn (vol. X).
  • Wāqidī — al-Maghāzī, éd. Marsden Jones, Londres : Oxford University Press, 1966. (Citations en PAGE cumulée — OCR trop médiocre pour une conversion fiable.)
  • al-Dhahabī — Siyar A’lām al-Nubalā’, éd. Shu’ayb al-Arna’ūṭ, Mu’assasat al-Risāla, Beyrouth. Notice ‘Ammār b. Yāsir.
  • Ibn Mājah — Sunan, Livre de la Sunna, Chap. Vertus de Bilāl, hadith 150 (éd. Dār al-Fikr, Beyrouth).
  • Bukhārī — Ṣaḥīḥ, Livre 63, Hadith 82 / Vol. 5, Livre 58, Hadith 197 (n° 3857) (éd. Dār Ṭawq al-Najāt / Dār al-Ṭurāth).
  • Al-Ḥākim al-Naysābūrī — al-Mustadrak ʿalā al-Ṣaḥīḥayn, Beyrouth : Dār al-Kutub al-ʿIlmiyya, 1990. 4 vol.
  • Ibn al-Athīr — al-Kāmil fī al-Tārīkh, Beyrouth : Dār al-Kutub al-ʿIlmiyya, 1987. 10 vol. (Vol. 3 : Siffīn).

Académique

  • Caetani, Leone — Annali dell’Islam, Milan : Ulrico Hoepli, 1905–1926. 8 vol. (vol. II et VII en 2 tomes). Vol. I (persécution, Khandaq, prédiction de mort) ; vol. II/1 (opposition à Abū Bakr) ; vol. IV (gouvernorat de Kūfa, destitution).
  • Hinds, Martin — Kufan Political Alignments and their Background in the Mid-Seventh Century A.D., 1971 (IJMES). Sur la destitution d’’Ammār comme gouverneur de Kūfa (~22/643).
  • Nasser, Shady — The Transmission of the Variant Readings of the Qurʾān, Brill, 2013. (Pas de mention biographique d’’Ammār — il n’est pas un qārī des Sept.)
  • Cobban, Helena (1984). The Palestinian Liberation Organisation: People, Power and Politics. Cambridge: Cambridge University Press. (Sur Arafat / Abū ‘Ammār, p. 272.)
  • Al-Islam.org / Kamal al-Sayyid — Biography of ʿAmmār ibn Yāsir (détail sur protestation exil Abū Dharr, bastonnade, hernie, Umm Salama, protestation ʿAlī).
  • Taha Hussain — Al-Fitna al-Kubrā (notes contradictions dans les rapports sur le rôle d’’Ammār).
  • Madelung, Wilferd — The Succession to Muhammad, Cambridge University Press, 1997. (Analyse politique califat ʿUthmān, pp. 130–190).
  • Abu Ḥātim al-Rāzī — Cité dans Kitāb al-Zuhd / notices biographiques ; référencé dans Wikipedia “Four Companions” pour la liste des Quatre Compagnons.
  • Al-Mufīd — Kitāb al-Irshād / Al-Fuṣūl al-Mukhtāra — sur les Quatre Compagnons.
  • Ibn Ḥajar al-ʿAsqalānī — Fatḥ al-Bārī bi-sharḥ Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, Le Caire : Dār al-Maʿārif, 1959. 13 vol. (sur ʿAmmār et légitimité ʿAlī).
  • Ibn al-ʿArabī al-Mālikī — al-ʿAwāṣim min al-Qawāṣim, Beyrouth : Dār al-Kutub al-ʿIlmiyya, 2003. (consensus sunnite sur ʿAlī via hadith ʿAmmār).

 

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