Riba – L’interet

L’interdit de la riba se trouve déjà dans la Torah, et la connaissance de ce passage donne une idée de ce qui est entendu par tel. En particulier le texte de la septante donne un autre éclairage intéressant :

Si ton frère, celui qui est avec toi, est devenu pauvre, qu’il manque de ressources auprès de toi, tu prendras soin de lui comme du prosélyte ou du passager, et ton frère vivra avec toi. Tu ne prendras pas de lui d’usure, pas même s’il retrouvait l’abondance, et tu craindras ton Dieu : je suis le Seigneur ; et ton frère vivra avec toi. Tu ne lui prêteras pas à intérêt ton argent, et tu ne lui donneras pas de tes aliments pour qu’il t’en rende davantage.

Lévitique, 25.35-27

Il s’agit dans un premier temps d’aider l’autre, d’en prendre soin. Il faut commencer par-là, si on n’est pas dans cet état d’esprit là, il y a DEJA problème. Ensuite l’idée est que même s’il s’enrichit par la suite, il n’est pas question de profiter de lui. Premier sens que l’on peut comprendre du mot usure. Ensuite le parallèle qui est fait entre l’argent et l’aliment permet de comprendre que l’intérêt ici consiste à prendre à son frère plus d’argent qu’on ne lui a donné.

La reprise de l’interdit dans le livre du prophète Ezeckiel donne le même sens :

Et il ne placera pas son argent à usure, et il ne prendra pas plus qu’il ne lui est dû, et il détournera la main de l’iniquité, et il rendra un jugement juste entre un homme et son prochain.

Ézéchiel 18:8

L’idée biblique du prêt consiste d’abord à aider l’autre, ensuite à ne pas prendre plus que ce qu’on lui a donné.

Le texte coranique quand il parle d’usure utilise les termes riba et ‘aD’afa’

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تَأْكُلُوا الرِّبَا أَضْعَافًا مُضَاعَفَةً ۖ وَاتَّقُوا اللَّهَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ

Ô vous qui croyez, ne touchez pas au fruit de l’intérêt (الرِّبَا) que vous multipliez (أَضْعَافًا). Craignez Allah, peut-être serez-vous parmi les bienheureux.

Coran, Sourate Al Imran, verset 130


Si l’on regarde les autres occurences de ces termes dans le Coran, riba signifie une augmentation ( http://corpus.quran.com/qurandictionary.jsp?q=rbw#(3:130:6) ) et ad’afa est une racine dont les sens donnent à la fois multiplier et opprimer ( http://corpus.quran.com/qurandictionary.jsp?q=DEf#(3:130:7) ).

Il semble donc que l’on soit proche du sens biblique donné plus haut.

Nous avons aussi ce passage interessant, avec un tafsir qui va dans le même sens, puisqu’il insiste sur le but d’aider quand on donne :

وَمَا آتَيْتُمْ مِنْ رِبًا لِيَرْبُوَ فِي أَمْوَالِ النَّاسِ فَلَا يَرْبُو عِنْدَ اللَّهِ ۖ وَمَا آتَيْتُمْ مِنْ زَكَاةٍ تُرِيدُونَ وَجْهَ اللَّهِ فَأُولَٰئِكَ هُمُ الْمُضْعِفُونَ

Ce que vous obtenez en pratiquant l’intérêt au détriment d’autrui ne fructifiera aucunement auprès d’Allah. Mais ce que vous donnez sous forme d’aumônes en vue de mériter la Face d’Allah, ces biens-là seront démultipliés.

Coran, Sourate 30, verset 39

Le Tafsir de Pooya/M.A. Ali, semble aller dans le même sens :

“Prêter de l’argent à la condition qu’il soit remboursé avec une certaine augmentation du montant prêté s’appelle riba et percevoir une telle augmentation est interdit dans l’Islam.

Il faut montrer une sympathie pratique à quelqu’un dans le besoin en prêtant l’aide financière nécessaire sans aucune condition de remboursement amélioré.

La récompense d’Allah pour un tel service désintéressé envers ses semblables sera multiple – le retour sera multiplié par plusieurs fois le montant prêté.”

(Lending money on the condition that it will be repaid with a certain increase in the amount lent is called riba and collecting such an increase is forbidden in Islam. One has to show practical sympathy to someone in need by lending the monetary help needed without any such condition of enhanced repayment. The reward from Allah for such selfless service to fellow beings will be manifold-the return shall be multiplied many times the amount lent.) Refer to the commentary of Baqarah: 275, and 277.

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